Chronique de Froissart, édit., Buchon, t. I, p
3. Ce bourdon servit depuis de bâton cantoral dans l’église de Chartres. Histoire de Notre-Dame de Chartres, par un des rédacteurs de la Voix de Notre-Dame, p. 55.
bellissement de la basilique. Les foules s’agenouillent surtout devant la madone élevée dans la crypte1, devant l’image de’ « Notre-Dame de la Belle Verrière » si célèbre par ses miracles2, devant celle de « Notre-Dame Blanche » placée contre une des colonnes du Jubé3 et passent sous la sainte châsse qui contient la précieuse tunique. Des princes et des grands y viennent à la suite des rois, le brave Duguesclin, le duc de Bourgogne, Léon VI de Lusignan, dernier roi d’Arménie, le comte de Valois et le duc de Berry qui offre une vierge d’or connue sous le nom de Notre-Dame la Bleue 4.
Le XIVe siècle se termine par un vilain crime de nuit, par un guet-apens tendu au brave Crillon. Le XVe s’ouvre par un lâche meurtre, par l’assassinat du duc d’Orléans. Le roi Char-
1. Pour donner une idée de l’affluence des pèlerins même dans les plus mauvais temps, en 1338, année de la reprise des hostilités entre la France et l’Angleterre, la recette du tronc de la sainte image aux jours de saint Martin d’hiver, saint André et sainte Luce, produisit 98 livres tournois représentant 2352 fr. de notre monnaie. Pendant plusieurs siècles, la ville de Chartres fit brûler chaque année devant la vierge de la crypte un gros cierge appelé tour" de cire de la ville pesant 250 livres environ. Histoire de Chartres par M. de Lépinois, t. I, p. 224.
2. 45e fenêtre de l’étage inférieure dans le latéral du chœur. M. l’abbé Bulteau croit que cette image est la reproduction d’une Notre-Dame peinte par ordre de saint Yves. Un autel élevé dès le XIIR siècle devant cette vierge et connu sous le nom d’autel de la Belle-Verrière ou Notre-Dame des neiges , fut pourvue de nombreuses fondations. Saint Rouillard, Parthénie, p. 141. Le vitrail désigné sous le nom de Notre-Dame de la Belle- Verrière date probablement du XIe siècle. Une charte de 1831 le signale comme célèbre à cette époque. Les vitraux, par O. Merson, p. 11.
3. Cette image en albâtre fut placée en 1329 à la prière de Philippe de Valois.
4. Cette belle statue exposée seulement aux fêtes solennelles a disparu en 1793 avec Notre-Dame la Blanche. Dans le testament d’Enguerrand de Coucy, on lit ce qui suit : Item fabrice Beate Marie Carnutensis que, ut firmiter credimus, fecit pro nobis miraculum apertum, sexcentos florenos obtulit. Testaments enregistrés au Parlement de Paris, pub. par M. Tuetey, 1880, p. 41. Simonitate la Maugère, veuve de Robert Mauger, premier président du parlement de Paris, ordonne « que ung pèlerinage à Nostre-Dame de Chartres à pié soit fait et accomply et y envoier un homme à pié en lui baillant argent pour faire ses despens et faire chanter une messe et faire devant Nostre-Dame offrande do la valeur de deux sols. » 1420; 20 octobre, id., p. 382.
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ies VI convoque les grands et le peuple pour tenter une réconciliation. La. cathédrale de Chartres devient témoin d’une laide scène où le meurtrier se joue des enfants de sa victime. Un voile de douleur couvre le beau royaume de France; les hommes se retranchent dans leurs maisons, tandis que les Armagnacs, les Bourguignons et les Anglais ravagent les contrées.
Au milieu de cette anarchie, Louis de Bourbon, comte de Vendôme, vient à Chartres pour accomplir un vœu qu’il avait fait à Notre-Dame en sortant de la prison où son frère, le comte de la Marche, le retenait depuis dix mois. La procession du chapitre du mercredi des Rogations, le 31 mai 1413, revenant de Saint-Martin-au-Val par Saint-Lubin, rencontre ce prince monté sur un coursier et suivi de nobles chevaliers et de ses écuyers. Louis de Bourbon met pied à terre, suit la procession jusqu’à la cathédrale et assiste au reste de la férié. Le lendemain, jour de l’Ascension, il se rend à l’issue des matines, tenant un cierge à la main, devant la porte royale où le clergé vient le recevoir. Descendant ensuite dans la sainte grotte, il accomplit son vœu devant l’autel de la Vierge noire et fournit les sommes nécessaires pour l’érection d’une chapelle qui porte son nom 1 et pour la fondation annuelle de cinq messes, le lendemain des principales fêtes de la Sainte Vierge2.
Quelque temps après les Anglais, expulsés de la Beauce, regagnent leur royaume, et Charles VII reconnaît l’éclatante renommée de Notre-Dame. Louis XI séjourne quelquefois à Chartres et aime à vénérer ses statues privilégiées, laissant presque à chaque pèlerinage des marques de sa munificence.
Le XVI0 siècle s’ouvre par un coup de foudre. Les flammes dévorent le clocher en bois qui avait été élevé sur la tour de la façade septentrionale, fondent , les six grosses cloches qu’il renfermait et menacent d’incendier la grande charpente de l’égli-
1. Cette chapelle fut construite hors d’œuvre en 1414 entre deux contreforts de la cinquième travée de la nef méridionale.