‹ Notre-Dame de ChartresChapitre 30 sur 92 · Histoire de Chartres, par de Lépinois, t. I, p · texte numérisé non relu

Histoire de Chartres, par de Lépinois, t. I, p

se, connue sous le nom de forêt. « La pluie, dit une chronique, tomboit en si grande abondance qu’il sembloit qu’on la versât et jettât à seaux. » « Le plomb même, dit gravement le docte Souchet, couloit par les rues avec l’eau et c’étoit chose pitoyable de voir une telle désolation. Chacun même crioit par grande douleur, compassion et pleurs à Dieu miséricorde1. » Mais il se trouva des ouvriers assez habiles qui, bravant tout danger, coupèrent huit chevronnées de la charpente. L’espoir revint peu à peu, les prières redoublèrent et tous crurent que « moyennant la girâce de Dieu et de la benoiste Vierge Marie le feu et la pluie cesser oient. »

Le lendemain, vers midi, l’incendie s’étant éteint, il y eut un cri universel qu’il y avait eu protection sensible du ciel au milieu de ce désastre. Le premier août il y eut même une procession générale; l’évêque, René d’Illiers portait la sainte châsse avec le doyen, marchant tous deux pieds nus et suivis des habitants de la ville, deux à deux, sans foule ni trouble, ainsi que l’avait prescrit L ordonnance du 21 juillet2. La procession se rendit à S aint-Père-en- Vallée, où l’évêque et les Chartrains remercièrent la bonne Dame de Chartres d’avoir préservé l’église et la ville d’une ruine totale.

Au retour de la procession, l’évêque le premier donna quatre cents livres pour la reconstruction du clocher, le chapitre offrit à son tour une somme considérable. Le roi Louis XII, sur une requête qui lui fut présentée par M. de Mainterne, chancelier de l’église, permit de prendre deux mille livres de rente sur ses tailles de Vendôme. René d’Illiers, pour exciter, comme au XIIe siècle, l’empressement des fidèles, institua des confréries de Notre-Dame dans toutes les paroisses de son vaste diocèse et publia de plus un mandement dans le synode de ses curés, le 22 octobre 1506. Le chapitre imita cet exemple. Le cardinal Georges d’Amboise, alors légat, accorda des indulgences à ceux qui concourraient, soit par leur travail, soit

Page 1