Parthénie, première partie, p
Cette Beauce chrétienne, cette maison de pain figure Bethléem ; la forêt d’Autricum rappelle Vin campis sylvæ du roi-prophète, et Job sur son fumier prophétise l’inspiration des druides par ces simples paroles : Quis dédit intelligentiam Gallo £
Sans admettre les récits d’un homimê qui prend un coq pour un Gaulois, nous savons que les druides séjournèrent longtemps dans les vastes solitudes de la Beauce. S’il faut en croire de vieilles traditions, le pays des CarnUtes n’aurait point été une de ces terres où vivaient disséminées de misérables peuplades sans force et sans constitution; c’était au contraire une de ces contrées où les peuples se distinguaient surtout par leur caractère religieux et jouissaient de toutes les institutions introduites par le druidisme. Chaque année les Gaulois, armés de la lance, y venaient, sous l’œil des prêtres, délibérer de la paix ou de la guerre dans un endroit qui passait alors pour le point central de la Gaule.
La jeunesse carnute, peu sensible aux émotions de la guerre, brigua de bonne heure, dans le silence des forêts, les fonctions sacerdotales et ne se leva que lorsque César vint frapper le druidisme dans son sanctuaire1. Lia lutte fut terrible et. se prolongea même après la sanglante défaite d’Alésia où Vercingétorix avait succombé avec toute la Gaule. Il ne fallut rien moins que les sanglantes proscriptions de Tibère et de Claude pour reléguer les druides sous le ciel brumeux de l’Armorique. La Beauce possède encore de grossiers monuments qui attestent la puissance du druidisme dans cette contrée, si César ne l’avait point lui-même constatée dans ses Commentaires2.
Beaucoup d’écrivains se sont demandé si les druides avaient réellement érigé une statue à la Vierge que l’univers atten-