Histoire de Chartres, par de Lépinois, t. I, p
2. Druides certo anni tempore, in finibus Carnutium, quæ regio totius Galliæ media habetur, considérant in loco consecrato. Hue omnes undique qui controversias habent conveniunt eorumque decretis judiciisque parent. L. vi, ch. XIII.
’dait et qui devait enfanter le Sauveur des nations. Nous n’osons résoudre cette grave question, mais nous déclarons, avec M. l’abbé Hénault, qu’il est raisonnable et conforme à l’histoire de supposer que l’église de Chartres a été bâtie comme beaucoup d’autres sur l’emplacement d’un temple païen, et que les druides ne devaient point ignorer la tradition d’une Vierge libératrice qui avait pénétré dans les contrées même les plus éloignées.
Depuis quelques années, on a prétendu que l’Evangile ne fut annoncé à Chartres qu’au second siècle après Jésus-Christ. Mais saint Paul, dans son Epître aux Romains, leur déclare que leur foi a été annoncée dans tout l’univers, et Sénèque, qui mourut en 65, se plaint de oe que la religion chrétienne a fait tant de progrès qu’elle est acceptée dans toutes les contrées. Sens, qui était une des cités les plus importantes de la Gaule, vit des missionnaires dès le premier siècle, envoyés par saint Pierre ou par saint Clément, son successeur. Ces missionnaires étaient saint Savinien, saint Potentien et saint Altin Ils firent tant de prosélytes que le gouverneur Anirinus, obéissant aux édits des empereurs romains, les poursuivit. Parmi ses victimes, on cite même sa fille Modeste qui fut jetée avec d’autres dans un puits qui conserva le souvenir de leur héroïsme 1.
1. Saint Savinien, saint Potentien et saint Altin évangélisèrent Chartres, Troyes et Orléans et souffrirent le martyre à Sens.
Dans ce puits furent aussi jetés, en 850, les corps de l’évêque Frotbold et des fidèles qui avaient été massacrés par les pirates danois. Il s’opéra dans la suite tant de miracles, que la vénération s’étendit à toute la partie de la crypte où était le sanctuaire de la « Vierge noire ». Mais, au milieu du XVIIe siècle, le puits fut comblé et disparut. Grâce tète 'éclairé de -Mge I^egnauit-et à la générosité des fidèles, ce puits a été retrouvé et restauré. D’après M. Merlet, dans un opuscule sur ce puits appelé « lieu fort », Fulbert aurait fait élever un autel près duquel on ajouta un petit hospice où des filles dévotes recevaient les malades du feu sacré, connu sous le nom de « mal des ardents ». M. l’abbé Bulteau, dans sa remarquable Description de la cathédrale de Chartres , croit avoir découvert le martyre des premiers chrétiens de cette ville à 'la façade septentrionale sur la face du porche qui regarde le clocher neuf, et sur la première verrière de la chapelle du Sacré-Cœur do Marie. ^ ilttA Cf Cl
fwU ta R.. e'M. 'uCi
0 nvi
IM
X ‘H 'Alitai «+-V
/ne 'v
^ ^ UjVXM WA Vivf / v\
A WYvJL \\auÇ Cuwtuvtü/tp C /«
Le premier édifice, appelé basilique de Saint-Aventin, fut élevé au-dessus d’une grotte probablement druidique. L’évêque Castor, sous Constantin', ne craignant aucune persécution, se hâta de construire une nouvelle église épiscopale.; Chartres eut pour évêques des saints illustres, surtout saint Âignan qui laissa tout son patrimoine à son église. L’histoire constate que, sous les Carlovingàens, la ville de Chartres acquit une certaine importance. Charles le Chauve y vint en 849, lorsque Charles, fils de Pépin, roi d’Aquitaine, conduit aux Etats, déclara, du haut de l’ambon, qu’il se faisait librement ecclésiastique. Incendiée en 858 par les Normands, la cathédrale se releva promptement de ses ruines et visitée déjà par de nombreux pèlerins, fut choisie par Charles le Chauve, devenu empereur, comme le sanctuaire dïghe de recevoir l’une des plus précieuses reliques de Marie1.
1. On admet que les plafonds et les charpentes en bois étaient seuls consumés à cette époque, et que les constructions gallo-romaines étaient assez solidement bâties pour résister aux incendies, de sorte qu’en peu de temps, l’église pouvait être restaurée et rendue au culte. Monographie de la cathédrale de Chartres , par l’abbé Bulteau, t. I, p. 31.