‹ Notre-Dame de ChartresChapitre 44 sur 92 · De Lépinois, Histoire de Chartres, t. II, p · texte numérisé non relu

De Lépinois, Histoire de Chartres, t. II, p

la plupart murmurant et disant « que dorénavant on auroit bon marché de meurtrir et tuer les seigneurs du sang royal, puisqu’on en étoit quitte ainsi sans faire aucune réparation 1. » Aussi, lorsque le grand maître Montaigu, serviteur de la maison d’Orléans, eut enregistré ce pacte de famille, cette paix jurée sur les saints Evangiles, en présence des seigneurs et de plusieurs évêques, écrivit-il au bas ces paroles du prophète :

Pax, pax et non est pax.

C’était bien l’avis du fou du duc de Bourgogne. En revenant de Chartres, il se jouait avec une patène ou paix d’église, la mettant dans sa fourrure et plaisantant sur la paix fourrée . Beaucoup de gens trouvèrent ce fou assez sage2. En effet, tandis que le faible roi séjournait à Chartres avec la Reine et le dauphin, Jean sans peur, sortant de la ville avec son escorte, cherchait à s’emparer du pouvoir pour frapper à outrance les partisans du duc d’Orléans. Mais dix ans après, le 10 septembre 1419, il expirait sous la hache de Tanneguy Duchâtei, sur le pont de Montereau, après avoir plongé la France dans une profonde misère et suscité des guerres qui détruisirent plusieurs millions d’hommes.

Le roi Charles, qui s’empare des propriétés du meurtrier, arrive le 19 juillet 1392 à Chartres, pour y attendre l’armée qu’il doit conduire contre le protecteur de Pierre de Craon. Mais le pauvre monarque, frappé subitement de démence dans la forêt du Mans, revient à Chartres, le 24, s’agenouiller dans le sanctuaire de Notre-Dame, au milieu des pleurs des habitants.

Les Cbartrains, prévoyant l’avenir, sous le règne de ce roi que tous délaissent et qui végétera bientôt dans son hôtel Saint-Paul, souvent sans vivres, sans habits et sans soins, n’épargnent rien pour se créer un asile assuré derrière leurs

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