Juvénal des Ursins, p
murailles Les pèlerins affluent cependant encore dans la grotte sacrée; le produit de la vente des cierges devient même si important que le Chapitre exige des locataires des étaux à cire, aux portes de Notre-Dame, un droit de 30 sous payables en quatre termes 1, l’année même où l’illustre Enguerrand de Coucy, pris à Nicopolis, lègue, en mourant dans les fers, 600 florins à Notre-Dame de Chartres. Mais à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, succède Jean sans peur, qui flatte le peuple, fait assassiner son bon cousin, le duc d’Orléans, et s’enfuit à la hâte dans ses Etats, après s’être audacieusement avoué pour le meurtrier.
« Ce n’étoit pourtant que la mort d’un homme, » dit froidement le chroniqueur de la maison de Bourgogne. Mais la mort d’un homme est un événement immense, lorsqu’elle arrive par un crime; c’est un fait terrible sur lequel les sociétés ne doivent jamais se résigner2. Le 11 septembre 1408, l’avocat de la veuve et des orphelins du duc d’Orléans conclut au palais à ce* que le duc de Bourgogne fasse amende honorable, baise la terre et, qu’après avoir fait diverses fondations expiatoires, il aille pendant vingt ans outre-mer, pour pleurer son crime. Mais le vainqueur des Liégeois qu’il a fait massacrer sans pitié, Jean sans peur revient à Paris, le 24 novembre, où le peuple l’accueille comme un héros. L’affaire est négociée par le grand maître Montaigu, serviteur de la reine et de la maison d’Orléans, qui arrange avec la crédulité de la peur ce traité par lequel le second fils du mort doit épouser une fille du meurtrier.
Le faible roi quitte bientôt la capitale et se rend à Chartres, où les maisons canoniales sont mises à la disposition de ses fourriers et à celle du duc de Bourgogne. Notre-Dame, cette basilique si vénérable, fréquentée par tant de pèlerins et récemment enrichie par les libéralités du duc de Berry, est