‹ Notre-Dame de GroeningheChapitre 8 sur 13 · RICHARDE · texte numérisé non relu

RICHARDE

Je le veux bien , Hildegarde : mais dites-moi, quel cantique peut lui être plus agréable.

HILDEGÂRDE.

0 Richarde , d'où vous vient cet embarras? veuillez m'accompagner ; quel plus beau cantique pouvons nous chanter , que celui qui a été chanté à Groeninghe par les anges de la Jérusalem du ciel ?

Nous ne pouvons rien lui offrir de mieux : je commence.

Marie est le jardin toujours fermé ; toujours elle a été pure. Elle est le temple du Saint-Esprit ; la cité glorieuse du Dieu très saint ; elle est la mère de la paix ; les enfers la redoutent.

Marie est cette femme pleine de force qui a brisé la tête du serpent. Elle est plus resplendissante que le soleil qui illumine la terre, plus belle que la lune qui dissipe les ombres de la nuit.

Marie est plus radieuse que l'aurore , plus brillante que toutes les étoiles. Pauvres pécheurs, dans nos angoisses, recourons à elle.

Frappons nos poitrines coupables , et crions en

tout temps, les yeux inondés de larmes : Sainte, sainte mère qui êtes si bienveillante et si douce,

Nous vous en prions , Vierge sainte ; éloignez de nous tout malheur ; délivrez-nous surtout de la mort éternelle. En tout temps , soyez-nous propice, secourez-nous dans nos peines.

Par vos prières , obtenez-nous le ciel , afin qu'éternellement nous puissions louer Dieu : c'est le plus ardent de tous nos désirs.

HiLDEGARDE.

Ainsi ont chanté les anges dans la vallée de Groeninghe , devant la sainte image de Marie* Leurs voix retentissantes furent entendues de tous.

Leurs chants étaient accompagnés de divers instruments de musique : on entendait le cornet d'Espagne, une guinbarde de grande et petite dimention dont le son était suave : un orgue d'une douceur ineffable, remarquez-le bien.

Pendant neuf jours se renouvelèrent ces célestes mélodies, et les anges chantèrent aussi les litanies deN.-D.

On entendait en chœur, comme si l'on eût célébré la messe , le Gloria in Excelsis. Comme à l'offrande, on voyait s'élever un encensoir ; il en Jaillissait comme des étincelles de feu sacré. Une

lumière céleste environnait la sainte image et Téglise était embaumée d'une odeur suave et cette lumière dura aussi long-temps que les chants.

C'est ainsi que les Trônes des cieux , nous ont appris a faire notre cour à la Mère du bel amour. Les Séraphins et les Chérubins ont été nos instituteurs et nos maîtres.

Ainsi, Richarde, répétons souvent ces cantiques; ils sont agréables à Marie ; que par son intercession, elle nous obtienne le cieL

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