CHAPITRE XVI
/^EHPiiKf!) a
u me demandes, ma chère
Marie, des nouvelles de la
Butte, comme si tu habitais
un pays lointain et qu'il te
lut difficile de venir en prendre toi-même.
« Paresseuse, va ! Tu mériterais que je laisse ta
lettre sans réponse. Mais je suis bonne fille et ne veux pas te faire languir. Je mets donc la main à la plume (comme dit l'autre) et je te trace cette babillarde que tu trouveras un peu longuette probablement, mais que tu excuseras quand tu sauras que je suis toute seule cette après-midi et au lit, oh, pas malade du tout ! mais simplement très avachie, sans courage. J'ai vadrouille toute la nuit dernière avec Marinette et Pierre Amelot, tu sais le chansonnier qui louche ? Et puis, aujourd'hui, il pleut à seau. Alors, je m'embête...
« Nous sommes allés hier soir dîner en bande chez Adèle, au Lapin à GUI autrement dit à V Auberge des Assassins. Nous étions invités, Marinette et moi, par une drôle de société qui s'intitule La Soupe et le Bœuf et qui est composé d'un tas d'amis buvant sec comme Ponchon.
«C'est assez te dire que l'on ne s'est pas rasé,loin de là ! On a blagué jusqu'à minuit et après minuit, on a dit des vers. Naturellement, j'ai dû réciter les miens. Il paraît qu'ils ne sont pas rtial du tout, et un des poètes qui étaient là (tu le connais certainenement : Charles Gros) m'a déclaré que j 'avais du talent. C'est un rude gars ! Ça m'a fait plaisir.
«Mais au lieu de te faire part du jugement des autres, si je te demandais ie tien ? Voici mes vers. Ils aonl coiuiue le Leiuptj d'aujourd'hui , ilis auiil tristes et un peu fanés.