‹ Notre-Dame de la Fin des Terres de SoulacChapitre 12 sur 39 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Sainte Véronique.

Le premier et le second plan de l'Évangile. — La femme héroïque de la Voie douloureuse, — Véronique était-elle Gauloise? — Elle essuie le visage ensanglanté du Sauveur. — Sa maison à Jérusalem, — Son voile à Rome. — Tibère et la sainte Face. — La dispersion des Apôtres. — La tradition occidentale. — Saint Zachée et sainte Véronique à Soulac.— Consécration d’un oratoire par saint Martial. — Mort de sainte Véronique à la Fin des Terres.

Auprès de Notre Seigneur, le pinceau des évansélistes n’a esquissé que les personnages rigoureusement nécessaires à la pleine intelligence du récit. Les Apôtres, quelques disciples, quelques saintes femmes, ces portraits étaient indispensables à la contexture du drame évangélique, à la mise en relief des enseignements sacrés. Ils sont aussi sobres, aussi peu nombreux que possible.

Autour de ce cortège choisi qui est au premier plan, sur lequel se reflète directement la lumière qui émane du Sauveur, se meuvent plusieurs groupes dont les écrivains sacrés nous révèlent

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l'existence, et que, toutefois, ils laissent dans Ia pénombre et comme à l’arrière-plan du tableau 4).

Ainsi les soixante-douze disciples, ainsi la troupe des saintes femmes, ainsi les cent vingt personnes qui étaient au Cénacle.

La plupart de ces figures sont demeurées inconnues. Mais la tradition en à tiré plusieurs de la demi-obscurité où on les entrevoit confusément pour leur donner la précision de personnages rigoureusement historiques. Ainsi en est-il de la sainte femme qui essuya le visage du Sauveur montant au Calvaire.

Le fait lui-même est passé sous silence par les évangélistes. L’un d’eux, saint Luc, indique sommairement un groupe de femmes et de filles qui, pleurant et se lamentant, suivaient Jésus chargé de sa croix. (Luc, xxu1, 27.) Il y a là une simple indication, mais bien précieuse. La femme héroïque, dont le voile essuya la face ensanglantée du Sauveur et garda son empreinte, est enfermée dans ce groupe indistinct; la tradition constante des églises chrétiennes est venue la dégager, lamettre à parten gardant le souvenir de son intervention touchante auprès de Jésus se trainant au Calvaire et à demi mort d’épuisement.

(4) Mgr Cirot de la Ville, dans ses Origines chrétiennes, fait très bien ressortir ces anonymes de l'Évangile que la tradition éclaire et spécifie.

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