‹ Notre-Dame de la Fin des Terres de SoulacChapitre 13 sur 39 · LAN · texte numérisé non relu

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En Orient, où rien ne se perd, où les traditions immobilisent les faits les plus fugitifs comme les momies éternisent le frèle assemblage du corps humain, la mémoire de cette sainte est gravée en traits ineffacables.

Son nom, inscrit dans les ménologes et relaté par de très anciens auteurs, est Véronique, ou plutôt Bérénice ® ; il veut dire, dans le langage harmonieux des Grecs, porte-victoire.

Quelle était son origine? Une tradition, que nous n'avons aucun motif de répudier puisque le

personnage de sainte Véronique est uniquement

traditionnel; une tradition la fait Gauloise, et lui assigne comme lieu de naissance les environs de Bazas en Aquitaine. Comment une Gauloise étaitelle allée s'établir en Judée? Elle y fut attirée, disent les chroniques bazadaises copiant Grégoire de Tours, par la renommée des miracles du Sauveur. À défaut d'autre hypothèse, on peut conjecturer que Bérénice ou Véronique était une des suivantes de la femme du gouverneur romain, Pontius Pilatus, nommée Claudia Pro-

… cula, qui était elle-même Gauloise et des environs

de Narbonne (@).

(1) Bérénice en grec est le même nom que Véronique : Beroniké.

(2) Voir sur cette question si intéressante le curieux et captivant opuscule de M. l’abbé Henry Bolo : Les Gaulois et les Gauloises à la Passion de Jésus. (Paris, Haton, 1893.)

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Complétant son personnage, la tradition lui donne comme époux Zachée, le célèbre publicain de l'Évangile. Malgré ce nom hébreu qui était sans doute un simple surnom, — son vrai nom aurait été Amator, — Zachée n’était pas Juif. C’est du moins lPopinion des plus anciens Pères de l'Eglise, adoptée par le savant exégète Maldonat (). Le texte de l'Évangile tend manifestement à la confirmer. En disant de Zachée :

parce que lui aussi est un fils d'Abraham, Notre Seigneur fait entendre expressément que l’heureux publicain, sans être enfant d'Abraham par le sang, l’était devenu par la foi et les œuvres: Zachée était donc très vraisemblablement un centil, Romain ou Gaulois, que Pontius Pilatus avait nommé receveur d'impôts à Jéricho et qui vivait dans l’opulence.

Sa rencontre avec Notre Seigneur, le séjour de celui-ci dans sa maison, furent sans doute l'occasion du miracle que fit cet aimable Sauveur pour guérir sa femme Véronique d’une infirmité douloureuse. Le salut entra, au physique aussi bien qu’au spirituel, dans la demeure du publicain. (Luc, xix, 9.) Ce miracle est attesté par toute la tradition. Elle range notre sainte parmi ces

(1) Maldonat cite saint Cyprien, Tertullien, saint Jean Chrysostôme, le vénérable Bède ; saint Ambroise opine évidemment dans le même sens.

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