‹ Notre-Dame de la Fin des Terres de SoulacChapitre 25 sur 39 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Soulac au moyen âge.

La côte du Médoc au xr siècle, — Abandon de Cordouan. — Extinction du prieuré de Saint-Nicolas. — Écroulement et reconstruction des voûtes de la basilique. — Les remblais du xirre siècle. — Le surhaussement gothique du chœur. — La domination anglaise, — Soulac lieu d'embarquement des rois et des reines. — Le vœu de Lesparre. — Clément V et Pey Berland. — Délivrance de la Guienne.

Jetons un coup d'œil sur la pointe du Médoc vers la fin du xr siècle. Les sables et [a mer semblent conjurés pour l’engloutir, ou tout au moins pour la rendre inhabitable. L’ilot de Cordouan se rétrécit chaque jour; la mer élargit sans cesse la trouée qui le sépare des rochers de Saint-Nicolas ; on ne peut plus, disent les chroniques, y aborder sans crainte de naufrage. En Pan 1092, le moine Elis, qualifié ermite et abbé de l'ile de Cordouan, d’accord avec Ermenald, prieur du monastère établi au mêmelieu, délibère

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de quitter l’île à laquelle les fidèles, qui y étaient attirés par un sanctuaire consacré à Notre-Dame, ne peuvent plus accéder sans péril; et il s’en va construire près de l'Océan, au lieu dit de Grave, dans une Île dépendant de Cluny, dit la vieille charte, du consentement de l’abbé saint Hugues, un monastère qui fut dédié à saint Nicolas. C’est l’origine du prieuré clunisien de Saint-Nicolas de Grave. |

Voilà donc Cordouan abandonné. Il n’y resta plus désormais qu’un ermite chargé d’entretenir le feu qui servait de vigie aux navigateurs dans les passes dangereuses de lembouchure de Ia Gironde. |

Le prieuré de Grave ne devait pas lui-même subsister longtemps. En l’an 1131 Arnaud Géraud de Chabanac, archevèque de Bordeaux et légat du Saint-Siège, en donne l'investiture à Andron, abbé de Sainte-Croix, qui le rattache au prieuré de Soulac (®, Il est vrai que les droits que Cluny peut avoir sur le fonds sont expressément maintenus. Mais on ne voit pas que cette abbaye les ait jamais fait valoir. Le prieuré proprement dit fut transféré à Bordeaux, où par la suite il donna naissance à la paroisse de Saint-Nicolas de cette ville. Quant aux bâtiments réguliers, quant à l’église de Saint-Nicolas, ils furent peu à peu

(1) Cartulaire de Sainte-Croix.

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