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sommet de la porte d'entrée actuelle; la dune montait le long des murs latéraux et débordait sur les voûtes qu'un chemin traversait, pour baisser légèrement à labside qui dressait son ( triple arceau flanqué au nord d’une pièce où S'ouvrait une large fenêtre ogivale 4). L'édifice
(1) Bulletin de la Commission des monuments historiques de la Gironde. Tome VIII, p. 8.
commençait à secouer son linceul de sable, mais intérieurement il était comble; et c’est à peine si, en entrant par les crevasses des voûtes, on pouvait circuler tête basse sous leur berceau sphérique. La Commission émit le vœu platonique que l’on respectât ces ruines vénérables; elle ne crut pas pouvoir prendre linitiative de rendre l’édifice à la lumière. La situation resta ce qu’elle était : on allait de plain-pied sur les voûtes, et on attachait sa monture aux anneaux qu’on voit encore fixés à la tour du clocher.
Cependant, l'éveil était donné sur Soulac. Dès l’année 1846, un modeste établissement de bains se dessina sur les dunes voisines de la plage. Peu à peu quelques chalets, bâtis très simplement, furent disséminés çà et là. On y venait à la saison des bains; l'hiver, la solitude reprenait tous ses droits. |
Ces premiers essais de reconstitution de l’ancien Soulac firent naître un danger pour la basilique. Un garde forestier s'était installé dans les chambres pratiquées aux étages supérieurs de la tour. On construisit un four dans l’épaisseur du mur latéral du chœur. Et chacun, dès ce moment, crut pouvoir arracher des pierres du vénérable sanctuaire pour ses besoins personnels. On en eùt fait une carrière publique si quelques hommes de cœur ne s'étaient émus de ces procédés d’inconscient vandalisme.
C’est alors qu'une commission se forma pour rendre au culte la basilique menacée. Dès 1857, . une chapelle provisoire avait été aménagée sur les dunes, et chaque dimanche le curé du jeune Soulac venait y célébrer la messe. Mais le local fut bientôt trouvé trop étroit pour les besoins de la station balnéaire naissante. Il fallait à tout prix ressaisir le vieux sanctuaire. S. Em. le cardinal Donnet et M. Pepin d’Escurac se mirent à la tête du mouvement de restauration que secondèrent les principales familles et les notabilités administratives du Bas-Médoc. Les travaux de déblaiement commencèrent au mois d'octobre 1869. Ils nécessitèrent des frais considérables : le cardinal n’était pas homme à reculer devant une entreprise ; jusqu’à Paris il se fit le missionnaire et le quêteur de Notre-Dame de la Fin des Terres. Le 20 avril 1860, les travaux étaient assez avancés pour qu’il pût en personne célébrer la première messe dans le sanctuaire rendu au culte. Ce fut un beau jour pour toutes les âmes généreuses qui avaient concouru à l’œuvre : et le Médocsentit se réveiller sa piété antique envers la Vierge de Soulac.
Le docteur Kérédan, qui suivit ces travaux avec l'intérêt passionné d’un savant, nous retrace comme il suit les impressions qu’il ressentit à mesure que l'édifice réapparaissait à la lumière.
« Le déblai de Notre-Dame de la Fin des Terres
a coûté, dit-il, de longues fatigues et de longues sueurs. Sables dans l’intérieur de l’édifice jusqu'au sommet des hautes murailles, sables pardessus les voûtes, sables partout. Des pins avaient puisé leur nourriture dans les crevasses de l’édifice ; l’un d’eux envoyait des prolongements dans l'escalier de la tour et semblait suivre amoureusement son circuit. Au commencement des travaux, nous avons pénétré dans l’église par les croisées. |
» Maintenant que le déblai est presque terminé, le visiteur qui franchit le seuil de la porte ogivale du xiv° siècle s’arrête frappé de surprise et d’admiration... Trois belles neïfs en plein-cintre, effondrées en partie par les sables; les vestiges d’une voûte et d’une abside gothique, minées par : le même ennemi; des socles, des chapiteaux, des moulures d’un travail achevé et parfaitement conservées; au fond du chœur, l'autel de Pey Berland; de chaque côté, quatre piliers soutenant cinq arceaux : tel est le spectacle aussi saisissant qu'inattendu qui s'offre au regard. Mais, à mesure que le visiteur s’avance dans l’église, la tristesse s'empare de lui... Des masses”de"pierres#se sont détachées des nefs.. Au lieu de la voûte en plein-cintre, il aperçoit la voûte bleue du firmament.
» Le dallage formé par les sables et sur lequel on marche à cette heure n’est plus qu'à deux
mètres du dallage véritable. À chaque travée on découvre des ossements, des pierres sculptées, (1)
PÈRE DU RULES des figures de A ET ER bois peintes, etc. Æ{{iie its #} Fe X I in à Un squelette CR Lire | 4 Mer | ja FL D.
entier a été At trouvé devant le maitre-autel. Il y a quelques jours, de belles moulures se sont détachées du chœur. Je tremble qu’on ne les enlève (@).. a
Cette page 0 témoin Abe est très curieuse et éveille bien des questions. Qu'est devenu cet autel que l’auteur nous dit être celui de Pey Berland? Que sont devenues ces moulures, ces figures de bois peintes? L’abside gothique, hélas! fut détruite, comme pouvant nuire à la solidité de l'édifice retrouvé. Perte irréparable! Voyez-vous l'effet que produirait aujourd’hui ce triple arceau ogival s’élançant du chevet de la basilique et planant à dix-huit pieds au-dessus du reste des murs ?
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(1) Soulac et sa plage, ch. xx.
(2) Nous donnons ci-contre un fragment de sculpture très curieux trouvé récemment.