‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 123 sur 238 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

Les ennemis da la Superstition avaient perdu un terrain «considérable dans leur lutte désespérée contre les événements qui, depuis dix ou douze semaines, scandalisaient leur philosophie aux abois. De même qu'il (■tait devenu impossible de nier la Source, dont les limj)ides(lots s'écoulaient magnifiques aux yeux des poliulations émerveillées, de même il devenait impos- ^ihle de nier plus longtemps lesguérisons qui s'effectuaient, à toute heure et ()artout, par l'usage de cette lu mystérieuse.

Au commencement on avait haussé les épaules de- \antles premières guérisons, en se bornant à les nier jiurement et simplement et en se refusant, de parti pris, atout examen. Puis queUpics habiles avaient inventé deux ou trois faux miracles, pour se préparer le liicile triomphe de les renverser ensuite. Mais l'incrédulité avait bien vite été débordée parla multiplicité des cures admirables dont nous n avons pu raconter ou indiquer que la moindre partie. Les faits s'imposaient. Ils devenaient si nombreux» si éclatants, qu'il

fallait, à tout prix, ou se soumettre au Miracle, ou trouver une explication naturelle de ces phénomènes extraordinaires.

La Libre Pensée comprit alors qu'à moins de rendre les armes ou de nier la pleine évidence , il devenait urgent de procéder à une évolution rapide et d'imaginer une autre tactique.

Les plus intelligents parmi ce petit monde trouvaient même qu'il était déjà tard, et se rendaient compte de la très-lourde fluite qu'ils avaient commise dans l'origine , en niant prématurément et sans examen des faits devenus ensuite patents et parftiitement constatés, tels que le jaillissement de la Source et les guérisons d'un grand nombre d'incurables notoires, que chacun voyait maintenant circuler en pleine santé dans les rues de la ville. Ce qui rendait le mal presque irréparable, c'est que ces malheureuses dénégations des faits les plus avérés étaient authentiquement et officiellement constatées dans tous les journaux du département.

La plupart des guérisons opérées par l'eau de Massabielle avaient un caractère de rapidité, voire même de soudaineté, qui marquait manifestement l'action immédiate d'une puissance souveraine. Toutefois il s en produisit quelques-unes qui ne présentèrent en rien ce caractère typique et très-visiblement surnaturel. Elles s'effectuèrent à la suite de lotions ou de r^ boissons plus ou moins répétées, d'une façon lente et^H progressive, côtoyant en quelque sorte, — toutes mi- ^

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