LIVRE SIXIÈME
raculeuses qu'elles pussent être dans leur principe, — la marche ordinaire des cures naturelles.
l^ans un \illage des emirons de Lourdes, à Gez, un ►petit enfant, âgé de sept ans, eavait été notamment [l'objet d'une de ces guérisons à caractère mixte que, Clivant la pente de l'esprit, on pouvait attribuer à une grâce spéciale de Dieu ou aux seules forces de la nature. Cet enfant, nommé Lasbareilles, était né entièirement difforme , avec une double déviation de la charpente osseuse, au dos et à la poitrine. Ses jambes, toutes grêles et presque desséchées, étaient paralysées rpar leur extrême faiblesse. Ce malheureux petit être n'avait jamais pu marcher. Il était constamment couiclié ou assis. Quand il fallait le changer de place, sa mère le portait dans ses bras. Parfois cependant, l'en- [fant, appuyé sur le bord de la table ou soutenu par la jmain maternelle, parvenait à se tenir debout et à taire .quelques pas, au prix de violents efforts et d'une im- |mense fatigue. Le médecin du lieu s'était déclaré im- Ipuissant à le guérir; et, en présence de ce rachitisme [essentiellement organique, on n'avait jamais eu re- Lcours à aucun remède.
Les parents de eet infortuné, entendant parler des miracles de Lourdes, s'étaient procuré de l'eau de la (irotte; et, dans l'espace de quinze jours, ils avaient fait, à trois reprises différentes, des lotions sur le corps de l'enfant, sans obtenir aucun résultat. Leur foi ne s'était point découragée pour cela : si l'espérance était bannie du monde , on la retrouverait en effet dans le cirur des mères. La quatrième lotion avait eu lieu le .leudi-Saint , c'est-à-dire le 1'" avril MfoS. Ce jour-là, l'enfant avait fait toiit seul quelques
pas.
Ces lotions étaient devenues de plus en plus efficaces, et rétat de l'enfant s'était amélioré progressivement. 11 en était ainsi venu, au bout de trois ou quatre semaines, à marchera peu près comme tout le monde. Noitô disons « à peu près, » car il conservait dans les mouvements une gauciierie d'allure qui semblait une réminiscence de son infirmité originelle. La maigreur des jambes avait peu h peu disparu en même temps que la faiblesse, et le buste s'était presque entièrement redressé. Toute la population du village de Gez, qui connaissait l'état antérieur de cet enfant^ criait au miracle. Avait-elle tort? avait-elle raison? Quelle que soit là-dessus notre pensée, il est certain qu'on pouvait de part et d'autre discuter ce point.
Un autre enfant, Denys Bouchet, du bourg de Lamarque, dans le canton d'Ossun, avait été guéri également d'une paralysie générale dans des conditions à peu près semblables. Un garçon de vingt-sept ans, Jean-Louis Amaré, épileptique, avait vu sa terrible maladie céder complètement, mais céder seulement peu à peu, à l'usage de l'eau de Massabielle.
Quelques autres cas analogues s'étaient présentés '.
1. Nous croyons utile de dire que, — sniif celle d^ rn^yg nouchet, que la médecine oflicielle avait reconnu absolument incurable, — aucune de ces guérisons ne fut déclarée miraculeuse par la Commission épiscopale nommée plus tard. Voir pour ces guérisons les 10^, 11° et iH« procès-verbaux de la Commission. Quelle que puisse être en ces circonstances la probabilité de l'intervention divine, l'Église, pour proclamer le Miracle, exige qu'aucune explication naturelle du fait ne soit liossibJe. Elle écarte, sans affirmer et sans nier, tout ce qui n'est pas dans ces conditions. Elle se borne à dire : Ncscio.
Nous aurons l'occasion de revenir dans le cours de cette histoire sur les procédés d'examen de la Commission.