‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 125 sur 238 · LIVRE SIXIÈM8 2A · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈM8 2A

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Si l'on ne connaissait, depuis l'ère chrétienne, les fora* 3s merveilleusement variées des guérisons surnaturelles, on serait peut-être tenté de croire que la l'rovidence disposa ainsi les choses en co moment pour amener l'orgueilleuse philosophie humaine à se prendre elle-même dans ses propres filets et à se suicider de ses propres mains, Mais ce ne fut point là, croyons-nous, un piège divin. Dieu ne tend d'embûches à personne. Par elle-même, par ses développements normaux et réguliers, dont la logique est inconnue aux humaines philosophies, la N'érité est pour l'erreur un piège éternel.

Quoi qu'il en soit, les savants et les médecins du pays s'empressèrent de trouver dans ces diverses cures d'une physionomie incertaine et douteuse, dans ces cures parfaitement constatées d'ailleurs quant à leur réalité et à leur caractère progressif, une admirable occasion et un heureux prétexte pour opérer ce changement de tactique et cette évolution prudente que l'évidence croissante des faits rendait absolument nécessaire.

l^enonçant à invoquer devani ces guérisons le thème banal de l'imagination, ils les attribuèrent hautement aux vertus naturelles que possédait indubitablement cette eau singulière, nouvellement jaillie par le plus grand des hasards.

Donner cette explication, c'était reconnaître les guérisons.

Que le lecteur se rappelle le commencement de cette divine liistoire, alors qu'une petite bergère, allant à la

;Ui NOThE-DAME DE LOURDES.

cueillette du bois mort, avait prétendu voir une Apparition lumineuse se dresser devant elle. Qu'il se rappelle les ricanements des fortes tètes de Lourdes, les haussements d'épaules du Cercle, le dédain transcendant par lequel tous ces puissants esprits accueillaient ces enfantillages, ces niaiseries et ces sottises. Que de pas en avant avait faits l'afllrmation surnaturelle ! que de pas en arrière avaient faits l'incrédulité, la science et la philosophie, depuis les premiers événements survenus tout à coup à la Grotte déserte des rives du Gave !

Le Miracle, si nous osons nous exprimer ainsi, avait pris l'offensive. Naguère si lière à l'attaque et poursuivie maintenant par les faits l'épée dans les reins, la Libre Pensée en était réduite à se défendre.

Les représentants de la Philosophie et de la Science n'en étaient pas pour cela moins affirmatifs ni moins dédaigneux pour la superstition populaire.

— Hé bien, oui! disaient-ils en affectant un ton de bonhomie et des allures de bonne foi, hé bien, oui! nous convenons que la Grotte guérit certaines maladies. Quoi de plus simple? En quoi est-il besoin de Miracle, de grâces surnaturelles, d'intervention divine, pour expliquer une action analogue, sinon identique, a celle des mille sources qui, depuis Vichy ou Bade jusqu'à Luchon, agissent avec tant d'efficacité sur l'organisme humain? L'eau de Massabielle possède purement et sim.plement des qualités minérales très-puissantes, comme en ont également, à quelques lieues plus haut dans la montagne, les thermes de Baréges ou de Cauterets. La Grotte de Lourdes n'appartient pas à la Pveligion, elle appartient à la Médecine.

Une lettre, que nous prenons au hasard parmi nos

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