LIVRE SIXIÈME
A la même époque, une femme de Lamarqu^, ^Jarianne Garrot, avait vu disparaître en moins de dix jours, par de simples lotions d'eau de la Grotte, une dartre laiteuse qui lui couvrait entièrement le visage, et qui, depuis deux années, résistait à tous les traite-
qiie coUe situation était de la plus haute gravité^ par l'inutilité (le tous les moyens médicaux employés pendant dix-huit mois, et par l'aveu du médecin qui avait déclaré à cette femme que son état ^tait incurable.
a Cependant, malt^ré rinsuccès de tentatives si longues et si mullipliées, malgré Temploi des divers actifs thérapeutiques, malgré même la déclaration du médecin, cette lésion grave guérit tout à covp, est simultanément enlevée. Or cette soudaineté de disparition de l'inlirmité, du redressement des duigis, du rétubh.ssement de leur jeu normal, est évidemment en dehors et au-dessus du cours habituel de la Nature, des lois qui régissent l'efticacité de ses agents.
« L'élément dont l'emploi a produit ce résultat ne laisse aucun doute à cet égard, et érablit incontestablement cette conséquence. En effet, il est avéré 'a) que l'eau de Massabielle est une eau natui'elle, sans la moindre propriété curative. Elle n'a donc pas pu, par sa vertu naturelle, redresser les doigts de Catherine Latajiie, leur rendre la souplesse de leur jeu, que n'ont pas pu resîituer les remèdes scientifiques, si variés, si longtemps appli(pics. Donc ce merveilleux résultat, que le seul contact de cette eau a immédiatement produit, ne saurait lui être attribué; donc il faut remonter à une cause supérieure, et eu faire honneur à une vertu surnaturelle dont l'eau de Massabielle a été comme le voile et l'inerte instrument,
« D'ailleurs, si l'eau naturelle était douée d'une si prodipjieuse eflicacité, depuis longtemps Catherine Latapic en au rait é[)rouvé les bienfaits par l'usage quotidien ])Our sa propreté jiersonnelle, celle de ses enfants: car elle faisait quotidiennement u=age, à cet effet, d'une eau identique. »
^Extrait du M')" procès-verbal de la Commission.)
(a) Cela avnil en eTel é\é aullipniiquement avéré, malgré l'analyse adminis- Iraiive, à l'époque des procès-vfbauxJe la Coiumissiûri. .-
i58 NOTRE-DAME DE LOURDES.
menls. Le docteur Amadou, de Pontacq, son médecin, avait constaté le fait et en fut plus tard l'irrécusable témoin devant la Commission épiscopale'.
A Bordères, près de Nay, la veuve Marie Lanou- Domengé, âgée de quatre-vingts ans, était depuis trois ans atteinte dans tout le côté gauche d'une paralysie incomplète. Elle ne pouvait faire un pas sans un secours étranger, et elle était, par suite de son infirmité, incapable de tout travail.
M. le docteur Poueymiroo, de Mirepoix, après avoir inutilement employé quelques remèdes pour ramener la vie dans les membres atrophiés, avait cessé de la soigner, tout en continuant à la voir.
L'espérance s'en va pourtant difficilement de l'esprit des malades.
— Quand donc guérirai-ie? disait la bonne femme
i. Nous donnons encore en note sur ce fait les conclusions de la Commission :
« Une affection dartreuse peut en soi ne pas présenter u haut degré de gravité, n'inspirer aucune crainte d'un dan ger sérieux, de quelque conséquence désastreuse. Cependant celle dont a été atteinte la dame Garrot dénoterait par sa durée, par sa résistance aux médications prescrites et fidèlement pratiquées, par sa continuelle et progressive invasion, une malignité bien prononcée, l'inoculation, pour ainsi dire, d'un mras profondément enraciné , qui , pour céder, aurait exigé une longue persévérance de boins, la continuation patiente du traitement déjà suivi, ou d'un nouveau , mieux approprié et plus efficace.
« La disparition, non pas instantanée, mais rapide, delà dartre laiteuse de la femme Garrot, s'éloigne donc du mode habituel d'action des préparations chimiques, puisque la pre mière lotion a produit instantanément un amendement sensible ou cure partielle; que la seconde , administrée quatre