‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 144 sur 238 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

les nier, cherchaient seulement à les expliquer d'une façon naturelle.

On comptait par centaines ou par milliers des témoins loyaux et h l'abri de tout soupçon qui disaient avoir été guéris par l'usage des eaux de la Grotte. 11 ne s'en rencontrait pas un seul à qui elles eussent été funestes, et qui en eût éprouvé quelque mal. Pourquoi donc ces mesures prohibitives, ces barrières élevées, cette force armée et menaçante, ces persécutions? — Pourquoi, puisqu'on se permettait de telles mesures, ne pas être logique jusqu'au bout? Pourquoi ne pas fermer tout pèlerinage où un malade a retrouvé la santé, toute église où un homme en prière a cru recevoir une grâce de Dieu?

C'est ce qu'on se demandait de toutes parts.

— Si Bernadette, disaient quelques-uns, avait, sans

trier en rien de Visions et d'Apparitions, découvert airement et simplement une Source minérale possé-

contravention a été commise conjointement et d'accord entre )us les prévenus ;

AUeiidu que les prévenus condamnas doivent supporter les lépcns ;

Attendu qu'il est de principe que les auteurs et complices d'une même contravention doivent être condamnés solidairement aux dépens^ ainsi que les personnes civilement responsables : Par ces motifs.

Nous, Juge de Paix, jugeant en matière de police, avons condamné et condamnons, par défaut et en dernier ressort, le sieur f)., domicilié à Au(h; demoiselle M. C, domiciliée à l.ectoure; dame B., propriétaire et rentière, donrciliée à Bordeciux, et D. L., enfant mineur, domicilié h B.iiinères- Adour, etc., etc., cliicun à cinq francs d'amende et solidaircrnent aux dépens^ en conformité des art. 471 , n° 1 S dn Code d'insirurtion criminelle, lijb du décret du II juin 1811, et I.i84 du Code Napoléon.

DuPRAT , luge de Paix.

dant de puissantes vertus curathes, quelle autorité assez barbare eût empêché les malades d'aller y boire? Sous le règne de Néron, on ne l'eût osé; sous tous les régimes, on voterait une récompense à l'enfant Mais ici, les malades s'agenouillent avant de prier; et les subalternes à galons de laine, d'argent ou d'or, qui se couchent à plat ventre devant les maîtres, n'aiment pas que l'on se prosterne devant Dieu. Telle est la cause. C'est la prière que l'on poursuit.

— Mais la Superstition? disaient les Libres Penseurs.

— L'Église n'est-elle pas là pour y veiller et pour défendre les fidèles contre l'erreur? Laissez-la agir dans son domaine, et ne transformez pas en concile le conseil de Préfecture, et en Pape infaillible un Préfet ou un Ministre. Quel désordre a été produit? Aucun. Quel mal a eu lieu qui justifie vos mesures et vos prohibitions? Aucun. La Source mystérieuse n'a fait que du bien. Laissez les populations croyantes aller y boire, si cela leur plaît. Laissez-leur la liberté de croire, de prier, de guérir; la liberté de se tourner vers Dieu, et de demander aux puissances d'en haut l'allégement de leurs douleurs d'ici-bas. Libres Penseurs, tolérez la libre prière.

Mais ni la philosophie antichrétienne ni le pieux Préfet des Hautes-Pyrénées ne consentaient à tenir compte de ce cri unanime, et les rigueurs suivaient leur cours.

L'intolérance que les ennemis du Christianisme reprochent, si complètement à tort, à l'Église catholique, est leur passion dominante. Ils sont essentiellement tyrans et persécuteurs.

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