‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 173 sur 238 · LIVRE HUITILME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITILME

fi Commission, une sorte de tribunal d'enquête pour

rechercher les faits, pour les étudier , pour

en déterminer le caractère. S'ils sont vrais, et s'ils

ont un caractère surnaturel, la Commission le dira.

'< S'ils sont faux, ou s'ils n'ont qu'un caractère natu-

« rel. elle le dira de même. Que peuvent désirer de

« plus nos adversaires? Veulent-ils que l'Évêque

« s'abstienne , au risque de méconnaître une grâce

« que Dieu daignerait accorder à son diocèse, ou,

« dans le second cas, de laisser s'enraciner une su-

(( [.erstition?

« L'Évêque a dû remarquer l'étrangeté de cette '( conviction qui s'établit parmi tout un peuple, sur u la parole d'une petite fille ignorante et indigente ; il « a dû se demander pourquoi ces guérisons qui se se- « raient opérées moyennant quelques gouttes d'eau <i pure, employée soit en lotion, soit en breuvage.... « Et, s'il n'y a pas eu de guérison, il faut savoir pour- « quoi l'on a cru qu'il y en avait. Maintenant, suppo- « sons que l'eau est pure, comme le disent les chi- « mistes, et que néanmoins les guérisons sont cer- « taines, comme l'affirment jusqu'à présent beaucoup « de malades et quelques médecins, nous ne voyons « plus du tout la difficulté de reconnaître là du sur- 'i naturel et du miraculeux, sauf, bien entendu, les ex- «< plications du Siècle. »

Le vigoureux polémiste faisait face à tous les ennemis à la fois. Il n'avait qu'à laisser courir sa plume pour renverser cet absurde parti pris de nier le Miracle, et de refuser même l'examen à ces faits éclatants qu'une multitude voyait de ses yeux et acclamait en tombant à genoux : « Si l'on disait à M. Guéroult qu'au '( nom du Christ un grand miracle s'accomplit sur la « phice de la Concorde, il n'irait point voir, il ferait

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(( bien, puisqu'il tient à rester incrédule : devant un t( tel spectacle, il ne serait pas assuré de trouver une (( explication physique qui le dispensât d'aller se con- « fesser. Mais il ferait mieux encore de regarder et de « croire, se rendant au témoignage que Dieu, dans « sa miséricorde, voudrait bien lui donner ainsi. Dans (( tous les cas , il doit comprendre que la foule se « soucierait fort peu de son absence, s'inquiéterait « fort peu de l'entendre déclarer qu'on a vu une chose « des plus naturelles ou que tout simplement la foule « est hallucinée. Les choses se passeraient à Paris « comme à Lourdes : on crierait au Miracle; et, si cé- « tait en effet un Miracle , le Miracle aurait son effet , « c'est-à-dire que beaucoup d'hommes qui n'ont point « jusqu'ici cherché à déchiffrer la volonté divine, ou « qui n'y ont point réussi, la connaîtraient et la met- « traient en pratique : ils aimeraient Dieu de tout a leur cœur, de toute leur âme, de tout leur esprit, « et leur prochain comme eux-mêmes. Tel est le but (( que Dieu veut atteindre par les Miracles. Tant pis « pour ceux qui refusent d'en profiter !

« Ceux-là, disait un ancien, brisent toute la philo- « Sophie qui rejettent le Surnaturel. Ils la brisent, en «effet, et surtout depuis l'avènement du Christia- « nisme, parce que, voulant retirer Dieu du monde, « ils n'ont plus aucune explication du monde ni de (( l'humanité. Ce Dieu qu'ils excluent, les uns le nient, (( pour s'en débarrasser tout à fait ; les autres le re- (i lèguent dans le vide , inerte et indifférent , n'ayant « rien à exiger et n'exigeant rien des hommes, qu'il « abandonne au hasard, après les avoir créés par un (( jeu de sa dédaigneuse puissance. Quelques-uns, le « niant et l'affirmant tout à la fois, comme s'ils vou- (( laient assouvir leur ingratitude en lui faisant une

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