‹ Notre-Dame de LourdesChapitre 96 sur 238 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

« l'enfant , qui n'avait jamais marché , s'échappe du « berceau et se met à marcher a\ec l'assurance que « donne l'habitude, montrant ainsi que sa guérison « a eu lieu, sans convalescence, dune façon toute surr-. c« naturelle^. »

D'autres guérisons continuaient à se produire de tous côtés. 11 serait impossible de les rapporter en détail, tant à cause de leur nombre que parce que l'auteur de ce livre s'est imposé la loi de ne rien raconter dans cet ordre de faits, dont il n'ait contrôlé Im-même l'exactitude, non-seulement par la déposition des témoins directs de l'événement, mais encore par celle des personnes favorisées de grâces si merveilleuses. Quel que soit d'ailleurs l'intérêt de toute action surnaturelle, nous avons été forcé de nous restreindre. Nous avons dû, non sans regret, écarter de notre récit beaucoup de ces admirables prodiges parfaitement constatés, même par nous, et nous borner à présenter l'histoire circonstanciée des miracles les plus frappants.

Indiquons cependant dans les procès-verbaux de la Commission nommée plus tard pour examiner ces événements, quelques-unes des guérisons qui eurent lieu vers cette époque, qui furent authentiquement vérifiées et dont la renommée se répandit par conséquent, dès l'origine, dans tout le pays.

Le restaurateur Biaise Maumus avait vu disparaître

4 . Rapport de M. le docteur Vergez, professeur agrégé de la Faculté de Montpellier, à la Gomuiission d'enquête nommée par Mgr l'Évêque de Tarbes.

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et se fondre, en plongeant la main dans la Source, une loupe énorme qu'il avait à l'articulation du poignet. Le veuve Crozat, sourde depuis vingt années à ne pas entendre les offices, avait soudainement recouvré l'ouïe en faisant usage de cette eau. Auguste Bordes, boiteux depuis longtemps à la suite d'un accident, avait été favorisé d'un semblable prodige : sa jambe infirme s'était redressée tout à coup et avait retrouvé dans l'onde miraculeuse sa force et sa forme naturelles. Tous les gens que nous venons de nommer étaient de Lourdes, et chacun pouvait se rendre compte de ces faits extraordinaires.

A supposer qu'il fût dans le vrai en son parti pris de négation, le Parquet, dont nous avons dit les dispositions antisuperstitieuses, avait, dans ces Miracles publiquement attestés et proclamés, une excellente occasion de faire une enquête sévère et de poursuivre, s'il y avait lieu , les auteurs ou propagateurs de ces nouvelles, évidemment de nature à égarer la conscience publique et à jeter le trouble dans les esprits. Rien n'était plus facile que de prendre en ces matières l'imposture en flagrant délit. Ces guérisons, en effet, n'échappaient point , comme les Apparitions que Bernadette apercevait seule, au contrôle de chacun. Ces faits tombaient sous les sens. Ils étaient nombreux, et ce n'étaient point des cas isolés : il y en avait déjà vingt-cinq ou trente. Ils étaient à portée de qui voulait les examiner. Tout le monde était à même de les vérifier, de les étudier, de les analyser, de reconnaître leur vérité ou de démontrer qu'ils n'étaient qu'un mensonge.

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