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TE, GP SRE ©: obéit indus dt dt.
Mi Premiers officiers :.— MM. Epouann CHernier (1), président,
Morse Via, vice-président, JOSEPH MÉNARD, secrétaire archiviste, Taomas DEsparois, secrétaire Correspondant, Tomas AuBry, trésorier, JOoACHIM LABERGE, commissaire ordonnateur, EpouarD RioPeLze Josepx Dumas, jr,
ADOLPHE Conpon, directeurs.
JOSEPH BEauvaIs,
; Ozivier LAPLANTE,
Maintenant, une comparaison,
Quelle différence entre la soûiété Saint-J ean-Baptiste de Malone et les sociétés du même nom qui existent au Canada !
La société Saint-Jean-Baptiste de Malone est une société nati. onale, sans doute, essentiellemeut canadienne, qui célèbre aussi dignement, avec autant d'enthousiasme, sur le sol étranger, qu'aucune de ses sœurs de’ là bas, la fête sacrée de la patrie > Mais son patriotisme ne se borne pas à un déploiement d’insignes, de bannières ou de drapeaux ; à de vains discours, à des mots qui volent. Oh! non. Elle entend mieux l'amour de la patrie. Avant de se livrgr à la joie ou d'arborer solennellement son drapeau, elle agit. Elle va secourir les malades, ensevelir et enterrer les morts, donner du pain à la veuve, aux orphelins et aux vieillards ; elle entretient et orne le sanctuaire. Voilà le vrai patriotisme, le véritable amour de la patrie ; il ya un but, là, un but noble, élevé, chrétien, quelque chose de tangible et de pratique. Oh! il est bien permis à une association qui à si vaillamment supporté toute l’année le poids du jour et de la chaleur et payé l'impôt de la charité, de consacrer un jour au repos, à la joie, aux Souvenirs du passé, aux espérances de l’avenir, et de célébrer la Patrie absente. On peut sans rougir parler de patriotisme quand on en a donné de telles preuves.
En est-il ainsi au Canada ? Non. Ici les sociétés Saint-Jean- Baptiste n’ont qu’un but : se montrer ou s'affirmer, comme on P 1 1 dit souvent: qu’un seul instinct, parader. Oh! dame! pour ; » P P cela, elles n’ont guère d'égales; mais c’est tout : là se borne
(1) M. E. Cherrier a presque constamment rempli Cctte Charge importante depuis que la société existe. Il est un des hommes les plus. remarquables de Malone, et le digne neveu de notre vénérable concitoyen, M, C. S. Cherrier.
toute leur ambition. Dormant d’une année à l’autre leur paisible sommeil, à demi interrompu quelquefois par la nécessité de faire parvenir quelques mois de condoléance à la famille d’un de leurs membres défunt, elle se réveillent au mois de juin, se secouent un peu, s’agitent en tous sens, s'organisent, préparent des équipages, des chars allégoriques ou auires, prennent drapeaux et bannières, et... paradent. Quelques discours pour $€ vanter soi-même et se dire le premier peuple du monde ou peu s’en faut: un sermon qui se résume presque toujours à louer les ancêtres tout comme si leurs enfants n’avaient rien à apprendre ou à corriger chez eux, et voilà tou. Rien de pratique, pas une bonne œuvre à montrer dans le passé, pas une seule à entreprendre dans l'avenir : de la théorie, des mots, du vent. En eston plus riche pour n’avoir absolument rien à faire ? Oh! que non: laissez venir le mois de juin, et vons recevrez la visite de deux messagers qui frapperont à votre porte et vous demanderont une obole, au nom de ce patriotisme tout spéculatif, pour aider telle ou telle section de Ja société Saint-Jean-Baptiste à se
procurer un drapeau.
On nous dira que les sociétés Saint-Jean-Baptiste du Canada n’ont pas à s'occuper d'œuvres de bienfaisance, parce qu'il y a d'autres associations qui s’en chargent. Fort bien; mais peut-on soutenir que ces associations suffisent à tout, et qu'il n’y à plus rien à faire à côté d'elles ? Certes, non. N°y eût-il que l’instruction populaire, l'œuvre des bibliothèques, celle de la colonisation, etc., que les sociétés Saint-Jean-Baptiste du Canada trouveraient encore devant elles un vaste champ ouvert à leur intelligence et à leur zèle.
Les sociétés Saint-Jean-Baptiste du Canada font leurs élections, de temps en temps, cela va sans dire : elles ont cette énergie; mais savez-vous à quel point de vue ? Sans doute à un point de vue large et national? Point du tout, mais au point de vue étroit, mesquin, passionné de la politique de parti. La politique a pénétré là ; et loin de réunir les Canadiens, la société Saint-Jean-
Baptiste, envenime souvent au sein de la patrie, sous le voile hy-
pocrite d’un patriotisme à toute épreuve, les divisions et les luttes qui tuent les Canadiens français. :
Mais il ne faut pas croire que la soctété Saint-Jean-Baptiste de Malone ne sache pas unir au plaisir de faire le bien, celui de célébrer dignement sa fête patronale.
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Pour ne mentionner qu’une seule circonstance, en 1878, elle organisa à Malone une grande procession, qui défila par les prinéipales rues de la ville: deux cent cinquante à trois cents hommes, marchaient solennellement, bannière de Saint-Jean- Baptiste en tête, avec costume, insignes, drapeau canadien et drapeau américain, chars allégoriques,rétc.,”atc. M. Legrand, président honoraire et chapelain de la société, accompagné de Pabbé Rossiter, curé de Saint-Joseph, en voiture de gala, fermait la marche. Les bouquets pleuvaient sur leur passage, et tous les citoyens de Malone, de quelque nationalité qu’ils fussent, catholiques ou protestants, se pressaient le long des rues pour voir et saluer les représentants de la race canadienne.
Rendus à N otre-Dame, les’ membres de la société prirent place dans la grande nef, entourés, d’une foule nombreuse, pour assister à la messe solennelle, qui fut chantée par l’abbé Rossiter.
M. Legrand fit une courte mais éloquente allocution, qui s’adressait spécialement à sa chère société.
Il prit pour texte ces paroles bien connues : Pulchra es, amica mea (1), et s’exprima à peu près comme suit :
«L'Eglise Catholique, inspirée par PEsprit-Saint, applique ces paroles à la bienheureuse vierge Marie. Elle nous représente ainsi Dieu lui-même considérant ce chef-d'œuvre de ses mains, ravi de sa beauté, et s’écriant : Vous êtes toute belle, ma bien aimée, et il n’y a pas de tache en vous!
«Ne puis-je pas aujourd’hui, en contemplant cette magnifique société Saint-Jean-Baptiste, l'honneur et a gloire de alone, employer le même langage, et lui dire, dans le ravissement de mon admiration et de mon amour, à cette société si charitable,
si religieuse, et si nationale : Que tu es belle, 6 société Saint-Jean Baptiste de Malone !
e «La petite ville que nous habitons se distingue par un site charmant, des voies larges, de beaux arbres, de magnifiques résidences, des’ édifices splendides, des associations fortes ; mais parcourez-la tout entière, considérez-la sous toutes ses faces, et quand vous aurez tout bien examiné, dites-moi s’il ya rien d'aussi vraiment beau que notre société Saint-Jean-Baptiste,
«Que tu es belle, 6 société Saint-Jean-Baptiste de Malone, lors-
(1) On comprend, sans qu’il soit besoin de le remarquer, qu’il ne s’agit pas ici d'appliquer réellement ce texte à la société Saint-Jean-Baptiste, à quelque point de vue que ce soit, littéral, allégorique, anagogique, ou tropologique : le prédicateur ne fait autre chose qu'emprunter à l'écriture une expression, une forme de langege, une Bgure.