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des sœurs. L’infirmerie qui contenait un réfectoire où l’on mangeait de la viande, et une cuisine, où on la préparait, était toujours séparée du reste des constructions, où l’on observait l’abstinence perpétuelle. Quant au dortoir, il contenait 160 lits, séparés les uns des autres par un petit espace, les sœurs n’ayant pas de cellule quileur fut proprement affectée.
Dans une autre partie du cloître, se trouvaient les constructions élevées par saint Dominique et ses premiers successeurs, moins amples et moins belles que la « maison en pierres de taille ». Leur humilité rappelait aux sœurs les premiers temps de Prouille. Pierre Gui ne nous dit pas à quoi elles étaient affectées.
En 1340, la chapelle Sainte-Marie de Prouille existait-elle encore?
Le souvenir des prières qu'y avait faites saint Dominique, de la fondation juridique de l'Ordre des Prêcheurs qui s’y était accomplie en 1215 et 1217, la dévotion du Rosaire dont elle était le siège sont toutes raisons plausibles et sérieuses pour croire que les sœurs la respectèrent lors de la construction de l’église Notre-Dame.
La Mère de Bellegarde, cependant, dans ses mémoires, avance le contraire.
Après avoir rappelé la tradition apocryphe au sujet de l’église Saint-Martin, qui voulait que ce fût dans cette église que saint Dominique eût prié, elle poursuit : « Pour ce qui est de la chapelle où saint Dominique passait des nuits entières sur
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le marchepied de l’autel, j’ai compris, par d’anciens mémoires, que c’était la chapelle de Notre- Dame de Prouille et que cette chapelle était vis-àvis et tenant la grille qui sépare notre chœur de l’église extérieure. Notre frère architecte a même trouvé des fondements à cet endroit, en réparant le pavé de l’église extérieure, qui nous prouvent qu’il y avait une chapelle ou, du moins, qui l’indiquaient.… »
Donc, quand Arnaud Séguier fit construire l’é- | glise Notre-Dame, il aurait abattu la chapelle Sainte-Marie de Prouille pour élever sur ses fondations le transept de la nouvelle église. Selon ce que dit encore la Mère de Bellegarde: « L’autel à la romaine qu’on doit y faire se trouvera précisément au même efdroit où était cette chapelle de la bienheureuse vierge Marie, où saint Dominique. faisait ses prières et se macérait la nuit et le jour...»
Or cet autel à la romaine, d’après le plan de l’église Notre-Dame déposé aux Archives généralices, tenait précisément le milieu du transept. Mais —— nous l’avons constaté — les Actes de là visite canonique de 1340 ne relèvent dans l’église Notre-Dame que la nef, le sanctuaire et le chœur. L'église, de plus, a été complètement reconstruite. au xvure siècle sur les plans de Mansart, et dès lors. elle possède un transept. Les fondements dont parle la Mère de Bellegarde ne seraient-ils pas : ceux de l’église Notre-Dame elle-même, surtout dans le cas où, le transept n’existant pas avant
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le xvu® siècle, on eût été obligé de pratiquer de nouvelles fondations? « Cette chapelle, dit-elle, était vis-à-vis et tenant la grille qui sépare notre chœur de l’église extérieure...» Ceci doit s'entendre du nouveau chœur aménagé — toujours sur les plans de Mansard — dans l’abside, si on se réfère au plan conservé aux Archives généralices. Ainsi la Mère de Bellegarde demeure dans son idée que les fondements de Sainte-Marie de Prouille se trouvaient sous le transept de la nouvelle église érigée au xvire siècle.
Comme l’ancien chœur des religieuses, probablement détruit, avec le cloître des sœurs, par l’incendie de 1715, tenait le côté oriental de ce cloître; qu’il remontait, comme lui, au premier siècle de la fondation du monastère, il rejoignait les vieilles constructions existantes lors de la visite de 1340. Or ces vieilles constructions, qui ne ressemblaient en rien à la demeure construite en pierres de taille — la seule de cette qualité dont nous parle Bernard Gui — qui rappelaient les temps primitifs, entouraient la chapelle Sainte-Marie de Prouille qu’elles enclosaient immédiatement. Et ces vieilles constructions se trouvaient au Nord et tout près des officines situées au Nord-Ouest!, la chapelle : Sainte-Marie de Prouille, tournée vers l'Orient,
jouxtait le chœur à droite et formait le côté sep- ‘tentrionnal du cloître. Elle fut sûrement détruite
dans l’incendie de 1715 et la Mère de Bellegarde