Visite, fol. 33, col
2, Visite, fol. 13, col. 2
du dehors et celles du dedans. Toutes les fenêtres et les tours doivent être fermés à clef, à l’intérieur avec grand soin, au moyen de solides portes de bois 1. »
Les sœurs ne sortaient jamais du monastère, même pour être ensevelies : elles avaient, dans le cloître, leur propre cimetière. C’est donc à bon droit que, dans un acte de 1425, on les appelle incarceraiæ, les emmurées ?.
Pierre Gui rendit cette clôture encore plus stricte. Ayant remarqué que des greniers on pouvait apercevoir les moniales allant et venant d’un endroit à l’autre du cloître, il porta cette ordonnance : « Le mur de clôture sera couvert de tuiles et élevé plus haut que la porterie des sœurs, c’est-
‘ à-dire à la hauteur de la tour du grenier ÿ. » +
Le monastère des sœurs de Prouille était donc un asile inviolable, très strictement fermé de toutes parts, la maison, dans laquelle, pour tou: jours, les sœurs se livraient au service de Dieu. :
Ce service de Dieu ne dispensait aucunement les sœurs du travail manuel. « Chaque année, dit le procureur au Père Gui, lors de la visite de 1340, on distribue aux sœurs quinze quintaux de laine bien propre et soigneusement choisie; elles la filent et la tissent aux heures que l’office divin ne prend pas. … Elles le font pour suivre une coutume ancienne et