SAINTE-MARIE DE PROUILLE ET LA RÉVOLUTION
Les États généraux de 1789. — Le vœu « Destrem » au Cohseil Général de l'Aude en faveur du morastère de Prouiile. — Le « sao » du monastère — sa vente et sa destruction.
A de rares exceptions — et Prouille en était — la vie religieuse rame sensiblement perdu de sa vigueur dans le midi de la France. Ruinés par la commende, bien des monastères connaissaient l’indigence, la pénurie de sujets; taries les sources de la charité; et peu de zèle dans l’observance régulière, la vie y dépérissait. La Révolution montait, les bruits et les menaces parvenaient jusqu'aux oreilles des moines et, d'eux-mêmes, ils prophétisaient leurs malheurs. Préoccupés, découragés, | ils annonçaient que le moment fatal approchait; ils ne se trompaient pas. dl La philosophie du xvime siècle avait fait son œuvre, les mœurs étaient altérées, toutes les ‘ croyances attaquées, les esprits agités et les pou-… voirs publics débordés. “le Les trois Ordres rédigèrent leurs cahiers. pee
La noblesse imbue de préjugés philosophiques contribua, plus qu’on ne croit, à amener la tempête; le clergé fut timide, parla en faveur des prêtres, curés et desservants mis à la portion congrue et se borna à demander certaines réformes. Plus positif était le Tiers État. Tandis que la noblesse et le clergé désiraient que la transition fût lente et modérée, le Tiers État ne comprenait pas cette lenteur et cette modération; il entendait
* agir avec moins de ménagements.
Fait curieux! Dans ces cahiers pas un mot des couvents; on ne s’y préoccupait aucunement des mesures à prendre pour conserver les biens des religieux. Par avance, semble-t-il, on consentait à leur
désaffectation et, par suite, à la dispersion des reli-
gieux eux-mêmes.
Dans cet abandon général on fit exception pour un seul couvent: celui de Prouille. Le tiers état de Castelnaudary demanda qu'il fût préservé comme une maison d'enseignement. Le clergé de
. Castelnaudary; la noblesse et le clergé de Limoux
demandent. : « qu’il soit maintenu dans le régime actuel, parce qu’il édifie par sa régularité et qu’il soulage les pauvres par ses largesses. »
1 15 mai 1789 s’ouvrirent à Versailles les États
généraux. Le clergé et les Ordres religieux y furent directement attaqués; on promulgua décrets sur décrets : confiscation des biens acclésiastiques
MER. CCR