CHAPITRE DOUZIEME, 1642-1644 ItjO
^nais. Pour la messe, les uns se réunissaient à la chapelle et les autres à l'hôpital, et l'empressement était tel que souvent la place faisait défaut Les pères allaient ensuite faire le catéchisme dans les cabanes à ceux qui devaient être baptisés ou qui se préparaient à la communion. Le soir un des missionnaires appelait tout le monde à la chapelle pour la prière et l'instruction. Dans l'après-midi les enfants avaient eu leur tour. Ceux des Algonquins venaient dans la salle des malades à 3 'hôpital, et les plus méritants étaient récompensés : un couteau, un morceau de pain, un chapelet, un bonnet, parfois une hache aux plus grands et aux plus savants, les mettaient au comble du bonheur. Ils avaient tant d'ardeur à s'instruire, que si l'un d'eux n'était pas interrogé il en était tout chagrin. Un jour que le père distribuait du pain aux enfants après le catéchisme, l'un d'eux refuse, et se met à pleurer : " Comment veux-tu que je mange n'ayant rien dit?" (1)
redevint supérieur en 1-647 et mourut dans cette charge, victime des Iroquois en 1652. — Le P. de Rochemonteix — I, 263-264, et note, d'après les catal. de la province de France.
Le P. Léonard Garreau, arrivé au Canada en 1643, passa une partie de l'année 1644 à Sillery. On voit par le liber baptisatoxum qu'il y fit des baptêmes le 19 janvier, le 16 avril, le 28 juin et le 16 juillet. Voir sur lui le P. de Rochemonteix, p. 151, s, note.
1 II paraît, par certaines expressions, que le P. Vimont, auteur de la Relation, faisait le catéchisme lui-même : " L'après midy je prenais soing de faire le catéchisme " " Distribuant un jour du pain, j 'en présentai etc.
Ce père, né à Lisieux de 17 janvier 1594, entré dans la Compagnie de Jésus en 1613, professeur puis procureur à Eu, vint au Canada en 1629 et repassa en France en 1630. Il y exerça plusieurs charges, entre autres celle de recteur à Vannes, 1635-1638. Il était supérieur de la résidence de Dieppe quand il revint au Canada en 1640. Il fut supérieur de la résidence de Québec, passa, d'après les Catalogues anmiels, l'année 1654 à Sillery et retourna en France en 1659 — Mort à Vannes 1667. — Le P. de Rochemonteix, op. cit. I, p. 170-177, notes,— et éd. Burrows, LXXI, p. 139.
i7<> PREMIERE PARTIE, 154I-167O
Dans les grandes nécessités on leur faisait un petit festin de sagamité.
Les religieuses, qui instruisaient les filles, portaient leur part de la dépense. Au reste, d'un bout de l'année à l'autre, elles avaient toujours quelques familles à nourir. A Québec les Ursulines en devaient faire autant : les sauvages affluaient au parloir, qui pour dire ses prières, qui pour son catéchisme, qui pour une chose ou pour une autre, et ensuite il fallait servir la sagamité. mélange de farine de blé d'Inde et de pois cuits à Peau, qui était pour eux un grand régal.
Renvoyer un sauvage sans manger eut été une grave injure. (*)
Au commencement de février, les sauvages partirent pour la grande chasse et les Hospitalières eurent sur les bras un certain nombre de vieillards et d'infirmes restés sans secours. Une centaine de malades de diverses nations furent aussi soignés en cette année 1643, e* parmi ceux qui moururent fut ce boiteux, qu'on avait élu capitaine de la prière. Il se nommait Pierre Trigatin et fit la mort d'un prédestiné.
La bande de J.-B. Ekhinechkaouat revint le mercredi saint, assez tôt pour assister au lavement des pieds, le lendemain à l'hôpital. Cinq H lirons qui avaient hiverné à Saint-Joseph, auxquels le P. de Brébeuf (2) expliqua la cérémonie, en furent émerveillés.
La conduite édifiante des chrétiens ne s'était pas démentie et avait pour une bonne part contribué à la
1 Lettre de la mère M. de l 'Incarnation, I, 102, let., 1
2 L. P. Vîmont l'avait retenu àSillery pour instruire ees Hnron-> ÂV/., [643, p. 28,