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CHAPITRE SEIZIÈME, 164S

sept mai, eut lieu la rénovation des vœux. L'on chanta le même jour solennellement les premières vêpres de Saint-Michel, dont la fête était le lendemain. M. de Montmagiiv s'y trouva. Il v eut ensuite une collation pour tous les assistants. Le gouverneur et les plus honorables furent reçus dans le réfectoire de la résidence, les musiciens, dans la petite salle, les matelots dans la menuiserie, et le reste des soldats dans la grande salle. (x) Tout alla bien et le gouverneur, venu en chaloupe, voulut retourner à pied.

Dès la fin de mai les Iroquois G2) avaient fait leur apparition à Montréal et aux Trois-Rivières. Ils étaient entrés en pourparlers pour la paix, mais les Français étaient dans une légitime défiance. Quatre de ces sauvages, y compris un Huron adopté par leur nation, (3) ayant eu l'audace de se rendre aux Trois-Rivières, furent retenus prisonniers. Le trois juillet, le Huron, sous prétexte d'aller quérir des fourrures à Montréal, alla rencontrer une bande d'Iroquois dont il attendait l'arrivée, et, par une peinture fausse des mauvais traitements infligés à leurs camarades aux Trois-Rivières, enflamma leur fureur et leurs désirs de vengeance. Il s'en suivit une surprise et une escarmouche où deux Hurons et un Français perdirent la vie, et quatre, parmi lesquels était le neveu de M. de la Potherie, gouverneur des Trois- Rivières, furent emmenés en captivité. (4)

On apprit peu après qu'une centaine d'autres Iroquois, cachés des deux côtés du fleuve, trois lieues en

1 Journal, 107, XXXII, 84.

2 Rclat. 164S, p. 4, ss.

3 Ce que les Relations et le Journal appellent un Huron iroquisê.

4 Relat. loc. cit.

bas de la place, n'attendaient que l'occasion favorable pour fondre sur les Français.

Ces bruits de guerre étant arrivés à Sillery, Négabamat partit avec ses gens pour les Trois-Rivières. " Ce " ne fut, dit irrévérencieusement le Journal, " (J) qu'une " (farce) grotesque qui n'aboutit à rien sinon à manger " du pain et des pois au fort des Trois-Rivières. Les " Iroquois captifs virent tout cela qui eurent bien sujet " de s'en moquer : Noël et ses gens étant partis d'icy le " vingt et un juin retournèrent le trois juillet. "

^ Ils repartirent le dix-huit, accompagnés du P. Druillètes, (2) et, s'ils ne prirent aucune part à la victoire remportée ce jour-là sur les Iroquois, du moins purent-ils être témoins du triomphe. Ces barbares en effet, avaient résolu d'attirer les Français dans un piège et de les massacrer. Pendant qu'on parlementait, parurent deuxcanots Hurons. Aussitôt tous les Iroquois, qui étaient de l'autre côté du fleuve, de se mettre à leur poursuite. De leur côté Français et sauvages alliés se jettent à la hâte dans des chaloupes ou courent sur le rivage pour porter secours à leurs amis. Mais une vive fusillade, qui éclate tout à coup dans les bois, leur fait craindre une embûche. Un instant, règne une grande inquiétude, même le bruit circule que deux cents Hurons ont été massacrés. Aussi quelle joie ne remplit pas les cœurs quand on aperçutd eux canots iroquois précédés d'un canot Huron, et que le P. Bressani, de si loin qu'il pût se faire entendre, s'écria : " Rendons grâce à Dieu qui nous " a donné la victoire ! "

1 Ibid. p. 94.

2 21 juin, XXXII, 92.

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