CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
faveur de Louis d'Ailleboust, ancien gouverneur de la Nouvelle- France (1 648-1 651). La châtellenie était bornée " à l'Orient, du grand fleuve Saint-Laurent, à l'Occident, u des Terres de la coste Sainte-Geneviève, au septentrion, 11 du Ruisseau Saint-Denis et au midy des Terres ap- " partenantes aux sauvages et aux Mères Ursulines. " (0 Toutes les terres comprises dans ces limites devaient payer au nouveau seigneur " les cens et rentes que la compagnie (des Cent Associés) s'estait réservés. " (2>
Ce n'est qu'en 1660 que Charles Le G ardeur obtint un titre de franc-alleu. Voilà comment se peuvent concilier, avec les documents irrécusables qui précèdent, d'autres pièces anciennes où Charles de Tilly est présenté comme premier concessionnaire, en 1660, du fief Saint-Michel. Il y a en effet une ordonnance de l'intendant Talon, du vingt juillet 1668, qui accorde à la veuve de Louis d'Ailleboust la terre de la Noraye, attenante, au nord, à Coulonge, en dédommagement du fief Saint- Michel détaché de la Châtellenie le sept avril 1660. (3) Et encore un acte de foi et hommage de 1781, où le Séminaire de Québec déclare tenir le fief Saint-Michel de Charles Le Gardeur, premier concessionnaire en 1660. (4)
1 II s'agit du fief Sainte-Ursule, à l'est de la paroisse de Sainte- Foy.
2 Voir le titre de concession dans l'intéressante étude de M. Ern. Gagnon sur la Châtellenie de Coulonge, où se trouve aujourd'hui le château de Spencer Wood, résidence de nos lieutenants-gouverneurs. — Rap.des Trav. publics, 1899, P- 9X> ss-
3 Etude de M. Gagnon, toc. cit., p. 95.
4 Rapport de M. Brymner sur les arch . eau. éd. angl., 1S85, p. 25, — Rêg. de foi et hommage, vol. III, p. 74, et vol. IV, p, 305.
Ainsi le Séminaire de Québec succéda à Charles Le Gardeur dans la propriété du fief, et même -acquit, en 1676, tout le reste de la châtellenie. Longtemps conservée en domaine, cette seigneurie fut ensuite successivement concédée (l), à l'exception des grèves, dont la location aux marchands de bois était naguère la source d'un revenu considérable qui n'existe plus aujourd'hui qu'en souvenir.
Outre les terres au-dessus du coteau de l'anse de Sillery, M. de Montmagny donnait aux sauvages un quart de lieue sur le fleuve à l'ouest de la concession de Thomas Hayot. (2)
Comme on a vu plus haut, (3) cette terre était continue à celle de Nicolas Pelletier, voisin lui-même des terres des Hospitalières. La propriété de l'Hôtel-Dieu, plus tard domaine de Monceaux, avait sept arpents de fron*. (4) Supposé que celle de Pelletier en eut quatre et celle d'Hayot deux, (5) les nouvelles terres des sauva-
1 Etude .de M. Gagnon, p. 96. Voir un acte de foi et hoiniu
de 1738, ibid. Rég, de foi et hommage^ vol. III, p. 6S, d'après le Rapport des arch. can. de 1884, déjà cité. Le Séminaire avait acquis Coulonge de l'Hôtel-Dieu qui en avait eu la moitié de Barbe de Boulogne, veuve de Ls d'Ailleboust, et l'autre moitié de Chs d'Ailleboust des Musseaux. M. Ern. Gagnon, op. cit., p. 95.
2 II est bon de remarquer que Thomas Hayot n'occupait pas encore sa concession en 1646. On lit en effet dans le Journal des Jésuiteà la date du il juin de cette année : " Le onze se rit la séparation de " nos fermiers de Beau port. Bouclier s'en alla et Thomas Hayot resta " chargé de tout. " Ed. Bur., XXVIII, p. 202.
3 Page 205. Greffe d'Audouart, lo mars. 1660. Confirmation de la concession faite eu 1649 à Nie. Pelletier.
4 Aveu et dénombrement de Sillery, 1733. — Aux arch. du parlement de Quédec.
5 Nous l'inférons du fait que, d'après le greffe de Go Let,
27 janvier, 1652, toutes les concessions dans ces pai aient deux
arpents de front sur vingt île profondeur : Jean Jobin, Nicolas GoU]