‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 148 sur 295 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

1733 lui donne sept arpents de front sur environ quarante-cinq ou cinquante de profondeur. (1) C'étaient précisément les terres concédées aux Hospitalières, et où avait été bâti leur monastère en 1640. (2) Forcées de quitter Sillery en 1644, elles vendirent cette propriété, pour la somme de deux mille cinq cents livres, outre un pot-de-vin de cent livres, à la famille d'Auteuil récemment arrivée au pays.

Voici ce que disent de cette transaction les annales de l'Hôtel-Dieu. (3) " Nous fîmes une acquisition que " nous jugeâmes nous être fort utile dans la suite : ce fut u une terre que nous achetâmes de Pierre et de Jacques " Caumont, deux frères. Il y avait une petite maison

" dessus : cela nous coûta deux mille livres Nous

" avons nommé cette terre Saint-Sauveur, et,., comme " elle nous était plus commode que la terre de Sillery, " nous vendîmes celle-ci à M. d'Auteuil pour la somme " de deux mille livres avec tous les bâtiments que nous " avions fait faire, qui nous revenaient à plus de quinze " mille francs, et nous payâmes de cet argent celle de " Saint-Sauveur. "

Le contrat, passé, le " dix-huit septembre mil six

1 Voir le plan où il est clairement indiqué.

2 Un acte de foi et hommage prêté en 1831 par Charles Panet, fils d'Antoine Panet, dit que ces terres avaient été concédées aux Hospitalières en 1637 et 1646. — Rapport de Brymner, 1SS5, éd. angl. p. 67. Rég. de foi et hommage, VII, 282.

3 Année 1646. — Hist. manuscrite déjà citée, fol. 35. Le prix de vente donné parle manuscrit est erroné et nous l'avons corrigé d'après le contrat de vente, fait par Laurent Bsrmen, le 18 septembre 1649 et conservé en double aux archives du monastère. En outre, le 7 mai 1660, par-devant Audouart, les Hospitalières font une déclaration^ Mgr de Pétrée d'avoir été payées de la somme de 2500 livres pour leu terre de Sillery.

2ÔO PREMIÈRE PARTIE, 1541-1670

" cent quarante-neuf, " par-devant Laurent Bermen, au nom d'Anne Gasnier, dame de lionceaux, donne pour limites au domaine, d'un côté les terres des PP. Jésuites, de l'autre celle de Nicolas Pelletier, d'un bout le fleuve St-Laurent et l'autre la route de Québec au Cap-Rouge. D'où il suit que le fief avait alors une bien moindre profondeur qu'en 1733. Ces terres, d'après le même document, appartenaient aux religieuses par contrat du "deux février mil six cent trente-sept. "(x) Il y est fait mention " d'un grand logis de pierre, d'un fourny

" joignant icelui et d'une étable proche le jardin

" Pour les bastiments appelés petites maisons des sau- " vages, " il était loisible à Mme de Monceaux de les acheter et d'en payer le prix aux Jésuites pour en construire d'autres. Elles furent estimées huit cents livres.

Cette vente avait été faite en présence du P. Lalemant, supérieur des Jésuites, qui le lendemain, par acte nctarié, y avait donné son consentement, vu les deux actes capitulaires à lui communiqués, par lesquels les sœurs s'engageaient à se soumettre aux réserves du Saint-Siège et à sauvegarder les intérêts des sauvages. (2)

Cependant le P. Druillètes, en sa qualité de tuteur des sauvages, fit opposition au contrat comme contraire à leurs intérêts, et, sur "/offre du P. Le Jeune de payer le prix offert par M. d'Auteuil, M. d'Ailleboust rendit, le vingt septembre 1649, ime ordonnance où il déclarait : " Toute prise de possession de la dite maison et " terres, en conséquence de quelque contrat que ce soit,

1 Cela peut étonner quand on se rappelle qu'elles n'arrivèrent qu'en 1639. Mais on avait préparé les voies.

2 Première addition au contrat cité, collationnée par Audou.irt, le dernier septembre 1651 .

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