CHAPITRE DIX-HUITIÈME, 1650-1651 2ÔI
" faite au préjudice de la dite opposition, demeure nulle " et par conséquent les réparations qui pourraient être " faites au dit logis ou travaux sur les terres ne pour- !< raient autoriser la dite possession. " (0
Ces difficultés furent bientôt aplanies. Le trois octobre 1649, Mme de Monceaux présentait une requête (2) au gouverneur pour obtenir la permission de faire visiter par des experts la maison qu'elle avait achetée des Hospitalières à Sillery et d'y faire exécuter les réparations les plus urgentes. La requête ayant été présentée aux religieuses par ordre du gouverneur, elles consentirent avec empressement à la visite demandée et nommèrent leurs experts. Le cinq octobre le P. Lalemant levait l'opposition faite par le P. Dequen, à condition que l'acquéreur paierait huit cents livres aux sauvages et leur laisserait trente arpents de terre au meilleur endroit de la concession. (3) Le contrat fut ensuite ratifié par M. d'Ailleboust, (4) et Mme de Monceaux entra en posses-
1 Pièce à l'appendice — VIII — tirée des archives du Séminaire de Québec. Signée, d'Ailleboust. Par monsieur le gouverneur, Bou~ jonnier, sec.
2 Aux archires de l'Hôtel-Dieu. Nous^ avons lu treize, mais ce document est presque indéchifrable et nous écrivons trois pour le concilier avec d'autres. Appendice, IX. Les experts de l'Hôtel-Dieu sont Gilles Barron, maçon, et Nicolas Pelletier, charpentier. Les noms de ceux de Mme de Monceaux sont restés en blanc. Un vandale a enlevé une signature à coups de ciseaux.
3 Deuxième addition au contrat cité. -Le 10 jan. 1652 les Jésuites remettent à Mme de Monceaux trente arpents de terre qu'elle avait cédés aux sauvages le 20 sept. 1650. Greffe d'Audouart.
4 Troisième addition, tbid. collât, par Audouart, le dernier septembre 1651. — On lit ici le quatiiesme jour d'octobre vraisemblablement pour quatorzième.
Le 2 août 1652, d'Auteuil, gendre de Madame de Monceaux, et sa femme ratifiaient la transaction. Audouart.
sion de cette terre qui fut appelée, d'après elle, le domaine de Monceaux.
C'est le monastère des Hospitalières qui devint le manoir. (r) On voit en effet que, forcée de retourner en France en 1650, pour affaires de famille, Anne Gasnier laisse à Nicolas Pinel pour un an " la terre et logis de '' Monceaux, logis avec portes et fenêtres non pendues ni " arrêtées, sinon à la chambre de la ditte dame, icelle " porte fermant à clef. " (2) Ce point est confirmé par une carte ancienne conservée aux archives du Séminaire de Québec et une délinéation faite en 1650 par le P. Ragueneau, (3) où l'on voit nettement indiquées la maison de Puiseaux, la bourgade de Sillery et Monceaux plus près encore du fleuve que la résidence des missionnaires.
Anne Gasnier était veuve de Jean du Clément du Vuault, chevalier, seigneur de Monceaux, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et capitaine d'une compagnie de cent chevau-légers entretenus par le roi. (4) Jean du Vuault, (5) qui était aussi seigneur de
1 Ici encore une petite inexactitude de M. Ferland, qui avait bien autre chose à faire que de s'occuper de ces minuties.
2 Audouart, 1650. Nicolas Pinel était arrivé en 1645, de la Rochelle, sur le Saint-Joseph. Il s'engageait à rendre les choses en même état, à faire deux cents planches de pruche pour le plancher et à laisser autant de terre ensemencées qu'il en prenait " sçavoir le Platon " labourable avec une petite pièce en bas sur la route allant chez " Nicolas Pelletier. "
3 A propos des difficultés au sujet de la pêche à l'anguille de la Pointe- à- Puiseaux, dont on parlera plus loin. Arch. du Séxn. de Québec.
4 II est ainsi qualifié dans un acte de donation du 22 fév.. : cité par une généalogie conservée aux arch. de la rue Sainte-Anne à Québec. Nous en donnons un résumé à l'appendice. Pièce X.
5 C'est la vraie orthographe. 1*2 vieux document que nous citons est d'une calligraphie irréprochable et ne laisse .menu doute.