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CHAPITRE DIX-HUITIÈME

Gapeniies (*) et autres lieux, avait épousé eu premières noces Anne Destourmel, dont naquit François, seigneur de Plainville, Broyé, Columelle, Monceaux, Gapennes et Montière, et maréchal des camps et armées du roi. (2)I1 épousa en secondes noces Anne Gasnier, qui donna le jour à Claire-Françoise du Clément, (3) femme de Denis- Joseph Ruette d'Auteuil.

Les du Clément avaient pour armes, " d'Or à trois " bandes de gueules. Supports deux lévriers d'argent " accolez de gueules. Cimier une licorne naissante. " (4>

Mme de Monceaux appartenait donc à une grande famille. Aussi quand en 1655, on la vit épouser à Québec un simple bourgeois, comme Jean Bourdon, ses amis de France crièrent-ils à la mésalliance. La vénérable Marie de l'Incarnation n'en jugeait pas de la même façon et elle fait de grands éloges de cette femme, une des belles figures dos premiers temps de notre histoire. Au témoignage de la Thérèse de la Nouvelle-France, Anne Gasnier fut " un exemple de piété et de charité dans " tout le pays et éleva tous les enfants de M. Bourdon " avec une débonnaireté non pareille. " (5)

On sait qu'à plusieurs reprises on confia à Mme de Monceaux le soin des filles que le roi envoyait au Canada pour épouser des colons. (6) Elle veillait sur elles avec

1 Requête de Mme de Monceaux, 1649.

2 On lui donne tous ces titres dans un acte de 1666, — généalogie citée. On voit qu'en 1697, ses titres de noblesse ayant été contestés, il fut, le 5 juin, 1699, déchargé de la poursuite. Ibid .

3 Ibid. François de Plainville y est qualifié de "frère consanguin de la dame d'Auteuil. "

4 Ibid.

5 Citée dans YHist. des Ursulines, I., 278, s. note.

6 L,2S historiens sérieux ont réfuté sur ce point les calomnies de Lahontan et de ses pareils. Voir l'étude de M. J.-E. Roy sur Lahon-

une sollicitude maternelle et s'intéressait à leur établissement : ils sont bien nombreux les contrats de mariage où l'on retrouve sa belle signature. Aime de Monceaux passa cinquante ans de sa vie en Canada et ne mourut qu'en 1698, à un âge assez avancé. (r)

Elle était arrivée en 1648 ou 1649 ^2) avec son gendre, Denis-Joseph Ruette d'Auteuil, qui devait, ainsi que son fils François- Magdeleine, jouer un rôle si important dans les premiers temps de la colonie.

Denis-Joseph d'Auteuil, né en 161 7 (3) et nommé en 1643 maître d'hôtel ordinaire du roi, (4) avait, le dixhuit novembre 1647, ^ épousé à Paris Claire-Françoise du Clément du Vuault.

La famille vint demeurer à Sillery. Cela cependant ne peut s'entendre d'un séjour continuel, car on voit eu

tan, p. 150, ss. Même le fameux auteur de Gil Blas, Le Sage, dans ses Aventures de M. Robert Chevalier dit de Beauehêne, capitaine de Jiibustiers dans la Nouvelle-France (1783), veut mettre en relief le côté risible de cette œuvre éminemment nécessaire et nous montre la dame Bourdon faisant épouser à un petit tailleur une fille borgne qui ne voyait pas de l'autre œil. Ce sont des contes. Si les filles venues de France n'étaient pas toujours aeeortes, elles étaient toujours choisies, et l'on renvoyait sans miséricorde toute marchandise avariée.

1 Trente ans après son second mari, Jean Bourdon, qui mourut en 1668. Dix mois après lui, le 29 novembre M. Le Sueur de S. Sauveur, son grand ami, mourait à son tour. Notes surrèg. de N.-D. 75, 76, 78.

2 L'Histoire des Ursulines, toe. eit., dit qu'elle vint en 1649 et alla résider chez son gendre à Sillery. Nous n'avons trouvé nulle part •de renseignements sur cette arrivée.

3 1 )'après Tanguay.

4 Par acte de Louis XIII, 16 janvier 1643. à S. ( iermain-en-L Il y est qualifié : " Denis-Joseph de Ruette, escuyer, sieur d'Auteuil." Copie ancienne, aux arch. du Sém. de Québec.

5 C'est la date du contrat de mariage passé au Chàtelet de Paris. Copie ancienne aux archives du Sém. de Québec

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