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CHAPITRE DIX-HUITIÈME

1649, Mme de Monceaux louer pour trois ans, à Québec, au prix de cinquante livres annuellement, une maison qui appartenait à Martin Boutet, (0 et d'Auteuil lui-même avait aussi une résidence à la ville. En outre les terres de Monceaux, avec le logis, furent à plusieurs reprises données à ferme, pour un assez long temps. (2)

Cependant le recensement de 1667 nous montre M. d'Auteuil dans sa terre de Sillery, malgré l'incendie qui avait dévoré le manoir en 1663. (3)

La plupart de ses enfants y furent baptisés. L'aînée, Charlotte-Anne eut pour parrain, le deux juin 1652, Charles Le Gardeur et pour marraine Mme de Monceaux. Quatre moururent en bas âge et deux seulement survécurent, Charlotte-Anne et François-Magdeleine- Fortuné.

Au reste cette union fut loin d'être heureuse. Le

Journal nous apprend que la damoiselle d'Auteuil (4),

pendant le voyage de sa mère et de son mari en France

en 1650(5), faillit être victime d'un enlèvement. Charles

1 Greffe de Ls. Rouer, 24 sept. 1649.

2 Greffe d'Audouart. — A Nicolas Pinel en 1650, pour un an ; 22 oct. 1656, à Jean Baillargeon pour cinq ans ; contrat résilié le 20 avril 1659 ; à Etienne Dumetz pour trois ans, 4 mars 1659. — ^e 2$ nov. 1661 un accord entre Dumetz et d'Auteuil est " passé en la maison d'Auteuil à Québec.

3 Journal des Jés., 317, XI/VIL, 298.

4 Les femmes de la bourgeoisie, comme on a dit ailleurs, étaient appelées damoiselles .

5 Mai, 1650, XXXVI, 120, 122. — Les annales de l'Hôtel-Dieu disent que Mme de Monceaux mit sa fille, la damoiselle d'Auteuil, pensionnaire au couvent en 1650. On lit à la marge : " Partie." — Tanguay donne à cette Délie d'Auteuil sept ans d'âge. Pour une personne mariée depuis trois ans, on peut sans témérité ajouter une bonne décade. Mme de Monceaux n'eut pas d'autre enfant, et la fille aînée de D.-J. d'Auteuil naquit en 1652.

Cadieu (0 dit Courville, qui avait machiné l'aventure, fut mis en prison et Claire-Françoise confiée aux soins du seigneur de Beauport.

Ennuyée sans doute du séjour encore un peu sauvage de la Nouvelle-France, elle obtint en 1657 une séparation de biens d'avec son mari, puis à force d'instanco se fit accorder la permission de passer en France, sous prétexte qu'elle était seule en état de poursuivre un procès qu'avait la famille avec son parent le seigneur de Plainville. C'est pendant ce voyage que naquit François-Magdeleine-Fortuné qui fut baptisé à Paris le dixsept janvier 1658. (2)

x\près avoir gagné son procès, elle en employa l'argent à l'achat d'une maison avec jardin à la Ville-l'Evèque, et, malgré toutes les prières qu'on lui en fit, ne voulut jamais revenir au Canada. Mine de Monceaux et M. d'Auteuil firent un voyage, en 1660 ou 1661, mais ne purent vaincre son obstination. Elle les vit partir sans regret avec Fortuné, alors âgé de trois ans. Bien plus, en 1674, quand, à l'âge de seize ans, le jeune homme fut envoyé à Paris pour faire son droit, elle lui fit signifier la défense de paraître chez elle, et les instances réitérées d'amis communs ne purent jamais la fléchir ni la faire consentir à le recevoir ! Elle se vantait même d'arranger si bien ses affaires qu'il ne toucherait jamais un sol de ses biens ! Elle tint parole : elle fit entre vifs une donation de trois mille livres ; passa des contrats de constitution de rentes sans en avoir touché les valeurs ; céda le 29 mars 1687, au Sieur de Villeray, membre du Conseil

i Cadieu, Quadieu ou Gadieu, souvent mentionné dans le libei

baptisatorum â cette époque, mourut en 1715.

2 Extrait de baptême, aux arch. du Sém. de Québec

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