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CHAPITRE DIX-HUITIÈME

souverain, la terre et maison de Monceaux pour une rente viagère de trois cents livres ; donna, peu de jours avant sa mort, la part qui lui était échue d'un fief en Picardie ; même, pour être bien sûre que son fils ne toucherait rien, permit d'enlever tous ses meubles avant de rendre le dernier soupir !

Tous ces détails nous sont connus par une requê- (x) te que fit François-Magdeleine pour recouvrer l'héritage maternel, fort riche comme on en peut juger. On ignore jusqu'à quel point il réussit. Mais le domaine de Monceau resta propriété de sa famille.

Denis-Joseph Ruette d'Auteuil semble avoir été un homme d'une haute honorabilité. Il eut l'honneur, avec Jean Bourdon et Villeray, (2) d'être l'objet des persécutions du pauvre gouverneur de Mésy. Après avoir exercé diverses charges au Conseil, il devint procureur général en 1674. (3)

En 1679, pour n'avoir pas plié devant les prétentions de Frontenac, homme de grande valeur mais despotique, il fut exilé le quatre juillet en sa maison de Monceaux, pendant que M. de Tilly était relégué à

1 Copie ancienne, aux archives du Sém. de Québec.

2 Voir l'abbé Gosselin, Mgr de Laval, éd. abrégée, 1901, p. 152, s.

3 Lorin, Frontenac, 37, note. Rapportât M. E. Richard, sur les archives can. à Paris, 1699, p. 64. — Les provisions furent enregistrées le 23 sept. 1675. Mais il avait agi comme procureur général auparavant, ayant été nommé par la Compagnie des Indes Occidentales, avec confirmation par le roi, le 29 mai, 1674. Règ. Cons.-Souv. I, 857> 858. L,a nomination de 1675 était due au fait que Colbert, après la disparition de la Compagnie des Indes, voulut, pour couper court aux empiétements de Frontenac, faire nommer pas le roi tous les membres du Conseil — Cons. Souv ., I, 992.

Beauport chez son beau-frère le sieur de Saint-Denis (0, et Villeray à l'Ile d'Orléans (2) dans la maison de Berthelot. Déjà malade, Denis-Joseph d'Auteuil, " accablé des chagrins et des incommodités de son exil," (3) mourut peu de temps après, à la fin de novembre.

François-Magdeleine reçu, en 1678 (4), avocat au parlement de Paris et nommé, dès 1677, substitut du procureur général (5), lui succéda dans cette charge, malgré le mauvais vouloir du gouverneur, le vingt-quatre octobre 1680, en vertu des lettres de survivance données par le roi le deux juin précédent. (6) Il épousa en 1683, Marie- Anne Juchereau, veuve de François Pollet de la Combe- Pocatière (7) et soeur de Charlotte-Françoise Juchereau de Saint-Denis, célèbre par son procès avec François Berthelot.

Ce dernier, conseiller du roi et secrétaire des commandements de la feue dauphine, avait fait ériger en comté, sous le nom de Saint-Laurent, l'Ile d'Orléans dont il était propriétaire. Charlotte-Françoise, épouse du capitaine de la Forest (8), en fit l'acquisition en 1702, au prix de trente et un mille livres (9\ et prit avec pompe

1 Nicolas Juchereau, frère de la femme de Clis Le Gardeur de Tîlly.

2 Vair Rapport de M. E. Richard, pp. 68-70.

3 Lettre de Duchesneau, citée par Ferland, II, 120.

4 Son immatriculation est datée du " dix-huitiesme jour d'avril mil six cens et soixante et dix." Pièce aux archives du Séminaire.

5 Rapportas. M. Richard, p. 66. Lettres du roi, 28 avril, 1677.

6 Ibid. p. 72 ; Conseil Souverain, II, 422, s. ; Lorin. Irontenae,

7 Rapport de INI. Brymner, éd. angl. [884, p. 6. Acte de foi hommage de 1725, vol. II, p. 369. — V. Tanguay, I. [59.

8 Elle avait d'abord épousé François Paçhot, marchand.

9 Rapport de M. Richard, 1S99, p. [08. Ailleurs, p. io|, on dit vingt et un mille cinq cents. \y premier chiffre est le bon.

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