‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 163 sur 295 · CHAPITRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

Noël Négabamat écrivant au P. Le Jeune, à l'automne 1651, insistait sur ce point :

" Pour toy, mon Père, aye " le cœur ferme et constant, " parle au grand Capitaine des " Français, encourage les au- " très Capitaines, visite-les sou- " vent, porte-les à deffendre " ceux qni croyent en celuy qui " a tout fait. Les Iroquois sont " faibles, vous estes forts : les " Iroquois sont en petit nom- " bre, vous autres vous estes " en grand nombre si vous " vouliez tout de bon destruire " nostre ennemy, vous le feriez, " et vous nous donneriez une " autre fois la vie.

"Je te parle derechef, " mon Perse, souvienne-toy de u ne nous pas priver tout à " fait de ta présence. Je compte " tous les Hyvers depuis ton ;c absence, nous ' allons entrer ' dans le troi- ' sième, c'est

' assez ; retourk ne, je te prie.

; en nostre païs, viens voir tes

En embuscade.

" anciens amis et tes enfants spirituels.

" Je t'envoye une robe pour te couvrir, afin que tn " n'ayes point de froid dans le vaisseau, quand tu re- M viendras, disposes-en néantmoins comme tu voudras, " tu en es le maistre : si un de tes amis l'agrée tu luy peux " donner, car les Français ne te laisseront pas avoir froid " dans leurs navires.

" Prie Dieu pour moy, pour ma femme et pour mes " enfans ; j'en ay encore trois, un garçon de six ans, une " fille de quatre ans et un petit fils au maillot. Souvent " nous parlons de toy au Père Dequen, qui est mainte- " nantnostre Père, il nous parle aussi de toy fort souvent " il a grandement désir de te voir. Nous prions celuy qui " a tout fait, pour toy et pour ceux qui nous assistent et " qui ont pitié de nous. Ma consolation est que, si je ne " te voy plus en terre, je te verray au ciel. C'est Noël " Tékoùérimat (x) qui t'écrit.

Au témoignage d'une dame française, (2) Noël Négabamat, grand capitaine de Sillery, n'avait de sauvage que le nom.

A la fin d'une autre lettre fort belle, qu'il écrivit l'année suivante au P. Le Jeune il insistait encore sur le besoin de renforts. (3)

" Père Le Jeune, disait-il, il me semble que je te u voy quand on me lit ta lettre, et il me semble que je u suis avec toy quand je te parle par la bouche ou par la

t C'était le nom de Nfégabamat connue chef. Il fut donné à son successeur et porté aussi par un capitaine abénakis. D'à] rès l'abbé Maurault, Hist, des Abénakis ^ p. 250, il signifie " Celui qi

de l'importance. "

2 Relat. 1652, p. 5,

3 Relat. [652, p. 36, s.

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