CHAPITRE VINGTIÈME
venait ensuite, puis Boulé, Mézeré, François Bouclier et Bois verdun. Dans l'aveu et dénombrement de Gaudarville en 1668, la concession de Boulé se trouve comprise dans celle de René Mézeré qui avait huit arpents de front lorsque toutes les autres en avaient quatre seulement. (x)
Les Iroquois ne se laissaient pas arrêter par le canon des forts et ne craignaient pas d'aller faire un coup de main jusqu'à Sillery. Deux mois et demi à peine après la catastrophe dont avaient été victimes Boulé et Gareman, le vingt août 1653, -e P- Poncet (2) étant allé aux environs du fort Saint-Xavier demander à quelques hommes de cœur, de l'aide pour entrer la récolte d'une pauvre veuve du Cap-Rouge, — la femme de François Boulé probablement, — fut surpris par les barbares avec un Français nommé Mathurin Franchetot qui coupait son grain et auquel il venait de parler. (3)
Le lendemain le P. Dequen, alors encore à Sillery (4) avec les PP. Druillètes, Duperon et Bailloquet, appor-
me dit L,a lime et de l'autre à Marin Pin, appartenante à Denise Sevestre, femme du dit Neveu et veuve d'Antoine Martin, par communauté entre elle et le dit Martin, à qui elle avait été concédée par les anciens seigneurs du Cap-Rouge : l'autre moitié de la concession appartenant aux enfants mineurs du dit Martin, étant depuis en la cen- •sive des PP. Jésuites à cause de la seigneurie des sauvages, et chargée envers eux des cens et rentes seigneuriales. "
1 Voir le plan cadastral de 16S5 .
2 Jos.-Ant. Poncet de la Rivière, né à Paris en mai, 1610, Jésuite le 30 juillet, 1629 {al., 1630), vint au Canada en 1639, baptisa à Montréal en 1643 le premier sauvage qui s'y convertit, repassa en France en 1657 et mourut à la Martinique en 1675. — Ed. Burrows, -Rel., LXXI, 144 ; et Rel., 1641, p. 30; 1642, p. 3 ; 1643, p. 51 ; sur sa ■captivité, 1653, pp. S, ss.
3 Journal, XXXVIII, 190 ; Rel., 1653, 10.
4 V. liber b&ptisatorum.
tait à Québec la calotte du P. Poucet et la nouvelle de son enlèvement. Aussitôt trente-deux Français, des plus considérables de la ville, se jetèrent dans six canots pour donner la chasse aux ravisseurs, mais sans succès.
On verra plus loin comment fut délivré le P. Poucet. Pour son compagnon d'infortune, Franchetot, dont la terre était, comme on a vu, tout près du fort Saint- Xavier, voisine de celle de Charland dit Francœur il fut brûlé vif. (2)
L'année suivante 1654, puisque nous en sommes au chapitre des surprises, un autre habitant du Cap-Rouge, nommé Michel Morin, fut blessé de deux balles dans la tête par les Iroquois, et mourut à Québec le vingt-six novembre après avoir langui vingt et un jours. (3) Nous n'en saurions que peu de chose sans les comptes de ses chirurgiens. Il en eut trois à ses trousses et cela coûta la bagatelle de deux cents livres, le prix d'une terre en ce temps-là, et même de deux. Claude Bouchard reçut pour sa part, " de la main des habitants du Cap-Rouge, " avec la permission du sieur d'Auteuil, seize boisseaux " de blé, à six livres le boisseau, provenant de la terre du " dit Morin." Cette " permission du sieur d'Auteuil
1 Supra, p.
2 Rel.t 1653, 14.
3 Nous le savons par le compte de ses chirurgiens. Le nommé La Fontaine réclame 75 livres pour avoir donné, pendant les vingt et un jours que dura la maladie, cinq lavements, trois médecines et quatre saignées. Singulier traitement pour un coup de pistolet dans la tête ! Un autre, nommé Bassani, chirurgien, se contente de quarante-cinq livres. Claude Bouchard, aussi chirurgien, reçoit seize b seaux de blé. Un quatrième, pas médecin celui-là, ne demande que trois livres pouf trois barriques et une aune de Putaine blanche vendues au dit Morin. Greffe d'Audouart, [655,