‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 178 sur 295 · CHAPITRE VINGT ET UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT ET UNIÈME

concessions acquises, mais des autres terres par eux mises en commun.

Dans les différends qui pourraient surgir, on s'en rapporterait à l'arbitrage de M. d'Ailleboust, et tous sous peine de deux cents livres d'amende, au profit de la communauté, renonçaient à tous appels, poursuites et contestations.!1)

Ce document est d'un intérêt capital non seulement à cause des noms des premiers colons de Gaudarville, qu'il a conservés, mais comme preuve de la nécessité des temps et témoin des mœurs d'alors.

Voilà les braves qui les premiers, le mousquet d'une main et la hache de l'autre, ont défriché le littoral de Sainte-Foy dans la seigneurie de Gaudarville.

Si l'on s'en rapporte au liber baptisatoritm, le plus ancien de ces colons aurait été René Mézeré surnommé Nopces. (2) En effet le deuxième enfant français baptisé à Sillery, le quatorze octobre 1646, est Michel, fils de René Mézeré, " habitant de cette paroisse " et de Nicole Gareman. (3) Le premier fut Denis, fils de Pierre Masse

1 Voir cette pièce curieuse à l'appendice, reproduite d'après M. J.-E. Roy. Pièce XVIII.

2 II avait été serviteur des Jésuites " Renatus Mézeré, domesticus noster, " Liô., bapt., 28 juin, 1644. De même " Francisais Boullé unus e domcsticis nostris. " Ib id., 24. juin, 1639. Aussi Antoine Des Rosiers " servus hujusce domtîs." Ibid., 10 janv., 1642.

3 Cet acte intéressant mérite d'être cité. D'abord inscrit à la fin du registre, on l'a ensuite biffé et récrit au commencement, en marge des actes du même temps. Une déchirure en a enlevé la moi tié. Le voici dans sa première rédaction : " Anno Domini 1646 die 14 oct., Ego Amabilis Defrétat societatis J. sacerdos patochi hujs. agens vices Ecliœ vulgo Sillery baplizavi infantem solemniter ri oct.,

natum ex pre Renalo Mezere dicto Nosse a gallis et matre Nicolaa

conjugibs hujs parochiœ cui nomen impositum est Michael. Patrini

et de Marie Pinel, baptisé, le 2 mai 1645, Par ^e P- ^e Jeune. Pierre Masse C1) était un habitant de la seigneurie de Sillery, peut-être le plus ancien, et sa famille devait se perpétuer à Sainte-Foy pendant près de deux siècles. Dans un acte de concession que lui faisait, le trente juillet 1645, ^e sieur Chavigny de Berchereau, il est déjà qualifié ,4 habitant de Sillery " (2) Ce n'est cependant qu'en 1652 que le P. Dequen lui concéda une terre aux environs du fort Saint-François-Xavier. (3)

fuere Michœl Le Neuf, filins dni de la Poterie et matrina Genovefa de Mole. "

Le P. Defrétat, qui n'a fait que passer à Sillery, a laissé en blanc le nom de la femme de Mézeré, Nicole Gareman, et a écrit Geneviève de Mole pour de Maure. Mézeré avait épousé Hélène Chastel en 1641, puis Nicole Gareman en 1645. Notes sur reg., de N.-D., p. 59.

1 Tanguay donne Massé, vol. I. 419, et Masse, vol. V. 555. Le recensement de 1666, donne Masse, et celui de 1667, Massé. Cela semble indifférent. Le cadastre de 1685 porte Mas. Pierre Masse épousa en 1673 Jacqueline Pin, veuve de Jean delà Rue, aussi habitant de Sainte- Foy.

2 Greffe de Tronquet "concède à Pierre Masse

" demeurant à Sillery, étant de présent à Québec huit arpents

" de terre en front sur le grand fleuve S. Laurent sises sur les terres

" du dit sieur de Chavigny et à prendre en profondeur vingt

" arpents dans les terres, tenant les d. terres d'un côté au ruisseau '" près la maison du dit sieur de Chavigny, d'autre côté, les d. terres " du d. Chavigny tenant vers le Cap Lozon." Le Cap Lozon ou Lauzon est la pointe ou est bâtie l'église de Deschambault. Chavigny de Berchereau avait obtenu en 1640 le fief d'Eschambault. Elant p.

en France, où il mourut, M. de Lauson transmit en 1652 le fief a sa veuve, Eléonore de Grandmaison. Rap. de M. Brvmner, 1SS4, | 1885, p. 32. Ed. angl.

3 Le 23 janvier. Greffe de Godet. Avec les autres dont on ■ parlé plus haut. Le 8 fév. suivant, il cédait cette terre à Maurice Arrivé. Celui-ci la cédait à son tour à Jean Neveu, le 1 1 novembre de la même année. Audouart, dates citées. Cependant si Masse quitta Sainte-Foy ce ne fut que temporairement puisqu'on l'y retrouve dè>

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