‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 180 sur 295 · CHAPITRE VINGT ET UNIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT ET UNIEME

Ainsi la terre de Jean Dumetz devint la propriété de Charles Gantier, et, par conséquent, était sise entre celles de François Boucher, à l'est, et de André Renault à l'ouest. Comme cette dernière fut vendue plus tard à Jacques Larchevêque dit Ivapromenade, il n'y a qu'à jeter un coup d'œil sur le plan cadastral de 1685 pour la retrouver. (0

Jean Dumetz, qui a été la souche d'une nombreuse famille, (2) était allé s'établir à Montréal. 'C'est vers 1662 (3) qu'il vint se fixer à la côte de Lauzon. Un incident, dont le souvenir s'est conservé, montre qu'en bon Breton — il était originaire de Dieppe — il était un brin entêté.

On avait bâti de 1675 à 1677, une église à la Pointe- Lévy, (^aujourd'hui Saint-Joseph, et sur les instances réitérées de la Cour quelques paroisses avaient été érigées en 1678.(5) Jusque-là Lauzon, comme Sillery et Gaudar-

1 Sur le cadastre, par un caprice de copiste, on a écrit Bouchette pour Boucher et Gaulin pour Gautier.

2 Les Deniers, qu'on trouve en si graud nombre dans la seigneurie de Lauzon, sont des Dumetz ou Dumay.

3 D'après Tanguay.

4 Hist. de la seign . de Lauzon, I, p. 264. ss .

5 Dans la correspondance du ministre avec l'intendant et le gouverneur on revient souvent sur ce point. V. Rapport de M. E. Richard, pp. 253, 256, 257, etc. Un document latin, du 3 nov. 1678, érige quelques cures. Ibid., p. 68.

Le nom de Saint-Joseph n'est pas mentionné dans la liste des paroisses alors érigées. Maud. des Ev. de Québïc, I, 579. et 50. Nous croyons que c'est une lacune. On y trouve par contre le nom de Sainte-Foy. Et en effet un registre fut ouvert ici le 11 août ,1679. Seul le premier feuillet a échappé à la destruction et est conservé aux archives de la rue Sainte- Anne. En haut, on lit : Premier et Lotbinière. En bas : Sainte-Foy depuis le 11 aoust i6yç à 16SS. Il ne contient qu'un acte qu'il n'est pas sans intérêt de reproduire : "Le onziesme

ville, faisait de droit partie de la paroisse de Québec, où étaient célébrés les mariages, les sépultures et les baptêmes. Mais dans l'été de 1679, ^e missionnaire de Saint- Joseph, Thomas Morel, commença à tenir des registres dans cette église, et les règles ordinaires voulaient que les habitants reçussent les sacrements dans les églises de leurs districts respectifs. Or quelques habitants de Lauzon, comme Jean Dumetz, Nicolas Massart, (T) apportaient leurs enfants nouveau nés à Péglise Saint-Michel de Sillery qui était beaucoup plus rapprochée, En 1681, au mois de septembre, Jean Dumetz eut un fils et ne voulut pas aller lui faire conférer le baptême à Péglise Saint- Joseph éloignée de trois bonnes lieues. De la part de l'évêque, trois sommations lui furent signifiées par le grand vicaire et les abbés Ballet et Morel. Il s'obstina et, le vingt et un octobre, Mgr de Laval dut faire une ordonnance pour le contraindre sous peine d'excommunication de porter son enfant dans la huitaine à l'église de

" jour du mois d'aoust de l'an mil six cent soixante et dix-neuf par ' moy Antoyne Dalmas, faisant les fonctions curiales de Sillery et de " Nostre-Dame de Foy a esté baptisé dans l'église paroissiale de St- " Michel à Sillery Charles-Joseph fils de Jean Hamel et deChristine- " Charlotte Gaudry, sa femme, nay le dixiesme jour du mesme mois. 11 Le parrain a esté Charles Hamel, fils de Charles Hamel habitant de ' la coste de Saint-Michel, la marraine Agnès Morin, femme de " Ignace Bonhomme habitant de la mesme coste et ont les dits par- " rain et marraine signé. Charles Hamel (paraphe), Agnès Morin. " Ant. Dalmas, de la comp. de Jésus (paraphe). "

1 Ainsi, Anne Massart, baptisée par le P. Richard le 3 juin 1669 ; Madeleine Massart, le 21 novembre 1771, par le P. Xicola ; René M.issart, le 1 mai 1674, par le P. Silvy. La femme de Nie. Massart s'appelait Anne Bellesœur. Le liber baptisatorum la nomme Anne Lu C'était le nom de sa mère. Sur Massart, voir f/ist. de I.auzon, append., XI. VI.

Page 1