‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 190 sur 295 · CHAPITRE VINGT-DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIEME

44 quarré sur la tête, et un cierge à la main, nos frères 44 avec quelques-uns des donnés ou des hommes de la 11 maison, apportèrent le corps dans notre ehapelle, où " lyon dit vêpres des morts et d'autres prières après. Le 41 soir nos frères accommodèrent le corps du défunt, à 44 la manière de la Compagnie : et le 31 de may, il 41 fut inhumé après l'office de la messe ; tous nos pères 44 et nos frères, avec beaucoup de personnes du dehors, 44 assistèrent à ses obsèques. Il fut enterré au bas de la 44 chapelle : c'est-à dire dans l'un des deux costez où " se trouve aujourd'hui l'autel de la congrégation des 44 messieurs. "

C'est laque pendant plus de deux siècles reposèrent ces restes vénérables. Ils gisaient dans un profond oubli, lorsque, en 1878, le gouvernement de Québec ayant ordonné," avec l'autorisation de l'autorité ecclésiastique, la démolition du collège des Jésuites, transformé en casernes quelques années après la conquête (J) et depuis longtemps abandonné, la pioche des démolisseurs mit à jour, à l'endroit où avait été la chapelle, les ossements de trois personnes.

Les amis de notre histoire, au courant de ses origines, eurent bientôt reconnu les corps de trois Jésuites, les seuls qui eussent été inhumés là : le frère Liégeois, facile à identifier, parce que le crâne n'était pas avec le corps, le P. Dequen mort à Québec en 1659, (2) victime

1 Voir Garneau, III, 65, 4me édit., 1882 ; Mgr Têtu, Les Evéques de Qîiébec, p. 320. On ferma d'abord en 1785 une école qui s'y tenait encore, l'on convertit les classes en salles d'audiences, dépôts d'archives, magasins de vivres et prison . Puis l'on prit la plus grande partie de l'édifice pour les troupes, ne laissant que la chapelle et des chambres pour les derniers Jésuites.

2 Journal, XLV, 114-116, — 9 octobre.

de son zèle pendant une épidémie, et le P. François Duperon, décédé au fort Saint-Louis de Chambly en 1665, et transporté à Québec. (0

Les reliques, mises en deux cercueils, disparurent de nouveau. Après onze ans l'on désespérait de les retrouver lorsqu'elles furent découvertes en 1889, dans un caveau du cimetière Belmont, (2) sur la paroisse de Sainte-Foy, où on les avait transportées clandestinement.

Ainsi le P. Dequen et le frère Liégeois étaient venus, après deux cent trente ans, reposer tout près de ces lieux, où l'un avait si longtemps prêché l'Evangile aux sauvages, et où l'autre était tombé victime de sa charité. Séjour temporaire, du reste : le douze mai 1901, au milieu d'une pompe religieuse d'un éclat extraordinaire, à laquelle toute la population catholique voulut prendre part, elles furent transportées chez les Ursulines et déposées dans la vieille chapelle qui abritait déjà tant de cendres illustres. Le gouvernement de Québec y fit élever un monument en marbre blanc, sur le chapiteau duquel on lit ces mots : " Ad major cm Dci gloriam " — pour la plus grande gloire de Dieu ; — sur le socle sont gravés les armes de la Province avec la belle devise : " Je me souviens. "

Cependant les Agniers continuant leurs courses tuaient à l'Ile aux Oies les sieurs Moyen (3) et Macart et traînaient leurs enfants en captivité. Ils furent moins heureux ailleurs : cinq d'entre eux ayant surpris une fa-

1 Journal, XLIX, 74. — 15 novembre.

2 Voir le P. Rochemonteix, I, 426, ss. et 225, ss. ;— un article de M. N.-E. Dionne dans le Courrier du Canada, 12 juin 1SS9 ; aussi une relation due à la plume de Faucher de Saint-Maurice.

2 Lettres de la Vén. M. de l'Incarnation. 11 86. M. Perland, I, p. 421, note.

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