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CHAPITRE VINGT-TROISIÈME

Dans tous ces événements, les chrétiens de Sillery avaient joué leur rôle. Le fort avait été souvent le théâtre de négociations importantes, et même à l'occasion d'une ambassade des Oneyouts, en avril 1658, le Journal dit expressément qu'avant de rien conclure on attendit le retour de Négabamat qui était à la chasse, et que le conseil n'eut lieu qu'après son arrivée, le vingt-huit avril.

L'année suivante presque tous les sauvages s'éloignèrent de la bourgade.

Le P. Jérôme Lalemant, revenu de France et nommé de nouveau supérieur C1) à Québec en 1659, à la place du P. Dequen, atteint de la maladie qui devait l'enlever un mois plus tard, écrivait en effet au supérieur général, à la date du seize septembre 1659 : ^ " J'ai trouvé nos pères réduits à deux résidences, Québec et les Trois-Rivières. Pour celle de Sillery, comme les sauvages et les néophytes, pour qui elle a été fondée, l'ont presque tous abandonnée et se sont dispersés ou réfugiés à Québec, il n'y demeure qu'un père (3) avec un frère et quelques domestiques.

La cause de cette dispersion, c'était bien sans doute pour une part celle qu'indique le P. de Rochemonteix, la crainte de l'Iroquois. (4) Mais il y en avait une autre

1 Journal, 8 sept,, 1659, XLV, no. — Rochemonteix, II, 285, ss.

2 Lettre latine citée par le P. de Rochemonteix, II, 290, note I.

3 Les catalogues annuels indiquent le P. Druillètes et le P. Bailloquet pour l'année 1659, et le frère Feuville. De même aussi pour 1660, 1661 et 1662. Cela ne peut évidemment infirmer le texte cité. Un père pouvait être nommé pour une mission et cependant être envoyé ailleurs.

4 Loc, cit.

qui semble plus décisive : c'est le malheur qu'avait éprouvé la mission deux ans auparavant et dont il est temps de parler.

LE SOLEIL ROYAL, vaisseau de Louis XIV.

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