‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 198 sur 295 · CHAPITRE VINGT-QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIEME

M fascher d'une chose qui lui appartient, puisqu'en nous " donnant la Foy, il ne nous promet pas les biens de la " terre, mais ceux du ciel que ce feu ne sçaurait con- " sommer. "

Deux ans s'écoulèrent avant que, faute de moyens, on songeât à réparer le désastre. Enfin le douze septembre 1659, il Y eut consultation entre les pères sur différents sujets, Sillery entre autres. (l)

Voici le texte du. Journal des Jésuites qui ne pèche pas par excès de clarté :

" Item de Sillery : redigenda residentia illa quidem " Huronensis, hoc est facient nobiscum unam domum a habentem eosdem officiales ; si eo redeunt sylvestres, " restituentur suœ proprietati. "(2)

Ce dernier membre de la citation signifie : " Si les " sauvages algonquins et montagnais reviennent, on " leur rendra leur propriété. " Les sauvages étaient alors absents, comme on a dit, sans qu'on sût s'ils devaient revenir.

Mais que signifie le reste ? Dans l'édition Burrows, on a traduit : " Il faut enlever aux Hurons cette rési- " dence, c'est-à-dire qu'à l'avenir elle ne fera qu'une " même chose avec notre maison (de Québec) et sera " desservie par les mêmes pères. " (3)

1 Ibid, 12 sept., 1659, XI/V.

2 Nous avons rétabli les mots abrégés. Voici le texte tel qu'il est : Item de Sillery : redigenda resid. illa qdm Huronensis, hoc es. facient nobiscû unâ domû habentem eosdem officiales ; si eo redeunt sylvestres, restituêtur suae proprietati.

3 Ibid, p. 271, notes. That résidence must certainly be taken back from the Hurons. — That is they shall form one establishment

Si cette traduction peut à la rigueur être soutenue au point de vue grammatical, elle ne le peut certainement au point de vue historique.

La mission Saint-Joseph n'avait jamais été une mission huronne, et, s'il y eut des Hurons après les massacres de 1648 et de 1649, ^s n'v demeurèrent pas longtemps. Ils étaient alors dans le fort construit pour eux près du château Saint-Louis, par les soins de M. d'Ailleboust, l1) administrateur du Canada de 1657 à 1658, après le départ de M. de Lauson-Charny. Il ne pouvait donc être question de leur enlever la résidence de Sillery, — d'ailleurs alors détruite. Redigenda residentia Ma quidem huronensis a donc un autre sens.

Il est bon de se rappeler, au préalable, qu'il s'agit ici de latin de cuisine où les règles classiques, observées au petit bonheur, ne nous peuvent guère servir de guides. Soit dit sans offenser les vénérables rédacteurs du Journal. On sait assez que, dans l'intention des auteurs, ce n'était qu'un mémorandum des événements du jour. La moitié des mots y sont écrits en abrégé et la formule la plus brève était toujours la meilleure. Dans les Relations on mettait ensuite à profit ces courtes indications.

Voici le sens qui nous paraît certain u II faut rèta- " blir cette résidence, mais à la vérité pour en faire une " mission huronne ne faisant qu'une avec la maison de " Québec et desseivie par les mêmes pères. Si les sau- " vages (algonquins et montagnais) reviennent, on leur " rendra leur propriété. "

with us having tbe same supervision : if those who chvell in the woods return thither, it sball be restored to tbeir ovvnersbip.

Nous avons amélioré la traduction en la rendant en français. — l 'ans le volume lyXXII, elle a été corrigée d'après nos observatioi

1 k\l . tic 1660, p. 14, 2ième colonne.

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