CHAPITRE DEUXIEME
navires (J) au nombre desquels était l'Emerillon et probablement la Grande Hermine. (2) Roberval, dont les approvisionnements d'armes et de munitions n'étaient pas terminés, et qui du reste ne montrait guère d'empressement, devait le suivre un peu plus tard.
VAISSEAU DU XVIème SIÈCLE.
Donnacona et les autres indiens, que Cartier avait emmenés en France à son deuxième voyage, étaient morts : les douceurs du climat ni le confort de la vie civi-
1 Dans La Nv . France, 1891, p. 25 et note, M. Dionne adopte le nombre de trois navires. Sans discuter ses raisons qui ne manquent pas de valeur, nous nous en tenons à la relation originale des voyages de Cartier, éd. can. 1843.
2 Un des vaisseaux s'appelait l'Hermine. Il est probable que c'est le même qui fit le 2ième voyage. Voir Pope,y<z£. Cartier p. 120 ; N. E. Dionne, y. C. p. 105, note E. p. 281, s.
lisée n'avaient pn compenser, pour eux, l'âpre beauté du sol natal et la liberté sans frein dont ils jouissaient à l'ombre de leurs forêts. Seule la petite fille du chef de la bourgade d'Hochelay (0, à quinze lieues au-dessus de Québec, confiée par son père au capitaine malouin en 1535, vivait encore et servait d'interprète (2).
La traversée fut longue et orageuse, les navires, sauf deux, commandés par Cartier et le vicomte de Beaupré, furent séparés les uns des autres et ne se réunirent à Terreneuve que près de trois mois plus tard " sans avoir eu pendant tout ce temps, dit la relation, ''• trente heures de bon vent qui put nous servir à
" suivre notre chemin La longueur du temps
" que nous f usines à passer entre la Bretagne et la " Terreneuve fut cause que nous nous trouvâmes en u grand besoin d'eau, rapport au bestial (bétail), aussi " bien que chèvres, porcs et autres animaux que nous " avions apportés pour y multiplier dans le pays, lesquels " nous fusmes nécessités d'abreuver avec du cidre et " autres breuvages. "
L'expédition atteignit le havre de Sainte-Croix le vingt-trois août. Agona, qui avait succédé à Donnacona, fit au capitaine mille démonstrations d'amitié, lui mit sur la tête le bandeau de cuir jaune orné ftèsurgny^
1 Hochelai, ou Ocbelai, ou Achelacy, probablement la pointe du Platon.
2 M. Pope, y«r. Car. p. 125.
3 Relation, p. 71. Sorte de coquillages blancs ; voir M . Dionne, /. C. p. 69 — Les sauvages avaient une singulière manière de se Lea procurer. Ils faisaient «le profondes incisions sur un cadavre et le plongeaient ensuite sous l'eau pendant quelques heures; c'est dans ces taillades que se trouvait L'ésurgny, aussi précieux pour Les sauvage9 que
l'Or pour 1rs ei\ llisés.