‹ Notre-Dame de Sainte-FoyChapitre 21 sur 295 · CHAPITRE DEUXIÈME, 154I-I · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME, 154I-I

qui lui tenait lieu de couronne, lui passa aux bras ses bracelets également ftésurgny, "lui faisant des accolades " et lui montrant de grands signes de joie, ce qui n'était " que dissimulation comme bien il nous apparut dans " la suite. " (0

Sans se laisser séduire par ces belles apparences, Cartier, qui connaissait le caractère hypocrite des sauvages, ne voulut pas rester trop près de leur bourgade. Il " fut avec deux barques amont la rivière au delà de " Canada et du port de Sainte-Croix, pour y voir un " havre et une petite rivière qui est environ quatre lieues " plus outre, laquelle fut trouvée meilleure et plus com- " mode pour y mettre ses navires à flot et les placer, " que n'était l'autre. (2) La dite rivière est petite et " n'a pas plus de cinquante pas de largeur, et les navires " tirant trois brasses d'eau peuvent y entrer à pleine mer, u et à basse mer il ne se trouve qu'un chenal d'un pied

" ou environ L'entrée de cette rivière est vers le

" sud et elle va en tournant vers le nord : et à l'entrée " d'icelle vers l'est il y a un promontoire haut et raide, " où nous praticâmes un chemin en manière de dou- " ble montée. " (3)

Comme le dit fort bien Ferland (4) et comme le reconnaissent tous ceux qui sont familiers avec les lieux, cette description " convient parfaitement à la rivière 'du

1 Relation, p. 72.

2 Relation du 3ème voyage, p. 72-73 .

3 M. Pope, y. C. p. 124, dit qu'un chemin fut taillé dans le roc vif. — On ne sait ce que signifie ce terme double montée . Peut-être ce qu'on appelle aujourd'hui chemin à lacets, à course double ou triple, sur le flanc d'un coteau pour en adoucir la pente.

4 I; 40. — Notes de Ferland, — relation, 72-74.

Cap-Rouge et ne serait applicable à aucune autre ". (1) Il est vrai que, d'après la relation, cet endroit serait à quatre lieues du havre de Sainte-Croix, quand en réalité il n'y en a que trois, mais les mesures de Cartier, comme on sait, sont sujettes à caution. (2)

Le capitaine conduisit à ce nouveau havre ses vaisseaux ; deux restèrent en rade et les autres furent ancrés à l'entrée de la rivière. Le pays avoisinant lui plut beaucoup. Voici en quels termes il le décrit :

u Des deux côtés de la rivière, il y a de fort bonnes " et belles terres, pleines d'aussi beaux et puissants " arbres que l'on puisse voir au monde et de diverses " sortes. De plus, il y a grande quantité de chênes les " plus beaux que j'aie vus de ma vie, lesquels étaient " tellement chargés de glands, qu'il semblait qu'ils " s'allaient rompre ; en outre, il y a de plus beaux érables, " cèdres, bouleaux et autres sortes d'arbres, que l'on n'en " voit en France ; et, proche de cette forêt, sur le côté " sud, la terre est toute couverte de vignes, que nous " trouvâmes chargées de grappes aussi noires que ronces. " De plus il y a quantité d'aubépines blanches, qui ont " les feuilles aussi larges que celles des chênes, et dont " le fruit ressemble à celui du néflier. En somme, ce " pays est aussi propre au labourage et à la culture qu'on " puisse trouver ou désirer. " (3)

Dès l'arrivée, une vingtaine d'hommes furent mis à préparer la terre, et, dans une seule journée, ils en labou-

1 Ainsi c'est manquer d'exactitude que de dire " vraisemblablement y probablement le Cap-Rouge." Voir la carte.

2 Voir Pope, Jac.-Car . not. 17, p. 39; Paillon, Op. cit., I. 3 où l'on en donne plusieurs exemples.

3 Rel. p. 73 — ; Ferland, I. 40, s.; M. N.-R. Dionne. /</(-. Cari»

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