CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
d'un si grand déploiement de pompe et d'une si belle manifestation de piété, mais l'on ne saurait reporter la reconstruction après cette date qui est certaine, i1) Peutêtre même est-il possible de remonter plus haut à l'aide du liber baptisatorum.
De la mi-juin 1657 à 1661 il contient un certain nombre de baptêmes avec la mention : " A Québec chez " les Jésuites, ou à l'hôpital. " Mais le vingt-cinq et le vingt-sept janvier 1661, deux baptêmes sont inscrits sans mention de lieu ; il est de bonne logique de penser qu'ils furent célébrés à Sillery. Autrement, en les inscrivant dans le registre de cette mission, il aurait fallu, s'ils avaient été faits ailleurs, indiquer le lieu, comme dans tous les actes qui précèdent : Et ce raisonnement vaut même pour un acte du onze mars 1660, jour ou fut baptisé Ignace, fils de Noël Jérémye dit Lamontagne, (2) habitant de la côte Saint-Ignace.
Cela devient presque une certitude, grâce à un texte de la Relation envoyé à Rome, au mois d'octobre 1660, par Mgr de Laval, sur les missio?is du Canada. Après avoir dit qu'il y avait à Québec huit églises et avoir décrit les quatre premières, le prélat ajoute : " La cinquième appartient aux pères de la même société (de Jésus). Elle est sur la rive du grand fleuve Saint-Laurent et dédiée sous le titre de Saint-Michel. On l'appelle vulgairement Sillery. C'est une église bâtie en pierre. (3)
Ainsi à l'automne 1660, la chapelle de Sillery aurait été déjà terminée.
1 Mandements des évêques de Québec, I. 156.
2 L,e lieu n'est pas indiqué. Tanguay dit " à Sillery " et nous croyons qu'il a raison.
3 Relatio missionis canadensis anno 1660, mense octobri ad sanctam Sedem missa. Mand. des Ev. de Québec, p. 17, ss., p. 23.
Nous croyons donc, à défaut d'autre document, en nous référant à la décision du douze septembre 1659, discutée plus haut, que l'église et la résidence avaient été rebâties de l'automne de 1659 au printemps de 1660, ou au plus tard de 1661.
L'arrivée de Mgr de Laval, évêque de Pétrée et vicaire apostolique de la Nouvelle-France, le seize juin 1659, avait une grande portée pour l'avenir de la colonie. Le prélat était accompagné de quelques prêtres, entre autres, de M. de Lauson-Charny qui revenait travailler au salut des âmes dans ce pays qu'il avait gouverné trois ans auparavant.
A peine arrivé, le saint évêque se fit une joie de tenir sur les fonts baptismaux un enfant sauvage et voulut assister aux derniers moments d'un pauvre Huron, et, deux mois après, le dix août, qui était un dimanche, il eut la consolation de conférer le sacrement de confirmation, qu'aucun indigène n'avait encore reçu, au grand chef de Sillery,Noël Négabamat, à sa femme, à son fils et à la fille de Piescaret. La marraine fut Anne Gasnier, femme de Jean Bourdon. I1)
Le quatorze septembre suivant il administra, dans la nouvelle église de l'Hôtel-Dieu, le même sacrement à une
1 Voici l'acte latin qu'on lit à ce sujet dans notre liber bapt: toium : " Liber confirmatorum : Anno 1659, die iomensis aug. qui " fuit dies d-nica sacramentum confirmationis acceperunt qui sequun- "' tur ab illustrissimo et reve-dissimo Epo Petraeensi vicario ap-lico in " nova Franciâ in ecclesiâ Beatae Virginis Concepts? parochiali Kebe- " censis oppidi; compatrina fuit Anna Le Gasnier Dni Bourdon uxor." Suivent les noms : "Natalis, Carolus Kikinohatchiounich, ejusdem " Natalis films et Agnetis Apitchime def-tae, Magdal. Ménitoukoué- " ouitch, uxor Natalis, Margarita Agnes Ouniéouanékoukoui, ; " Maris Outiskouéïabigoukoué." Cette dernière était la femme de Piescaret.