CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME
reux demande au père une dernière bénédiction et termine bientôt son agonie dans le brasier où on Pavait rejeté.
Trois jours plus tard, on sut pourquoi les Cinq- Cantons n'avaient pas attaqué les établissements français. Dix-sept jeunes hommes de Montréal, égalant les plrs héroïques faits d'armes vantés par l'histoire, s'étaient dévoués pour le salut commun.
Sous les ordres de Dolard. (J) accompagnés d'une quarantaine de Hurons commandés par le brave Anahotaha, et de six Algonquins avec leur capitaine Mitiouëmeg, ils étaient allés au pied du sault de la Chaudière, sur la rivière des Outaouais, attendre les Iroquois qui revenaient de la chasse.
Ces héros repoussèrent pendant dix jours, dans un mauvais fort, les attaques furieuses d'une armée de plus de sept cents Iroquois qui étaient venus les investir. Le retranchement ne put être emporté que lorsque ses défenseurs furent presque tous morts glorieusement ou empêchés par leurs blessures de se servir de leurs armes.
Quelques Hurons prisonniers, qui purent rompre leurs liens, racontèrent ces événements. (2)
" Il faut ici, dit la Relation, donner la gloire à ces " dix-sept Français de Montréal, et honorer leurs cendres " d'un éloge qui leur est dû avec justice et que nous ne " pouvons leur refuser sans ingratitude. Tout était per-
(1) Nom que lui donne la relation de 1660, p. 14. Ou Daulard, comme il écrit dans son testament avant de partir pour cette expédition. On écrit souvent Daulac. Voir Journal, 8 juin, XL/V, p. 156.
2 Rel., 1660, en. V. — Lettres de la Vén., M. de L'Incarnation, II, 172 et 187, ss.
" du s'ils n'eussent péri et leur malheur a sau\ " pays. " (')
Les Iroquois ne jugèrent pas opportun d'atta I Québec ouvertement l
Dans l'hiver de 1661, il y eut un tremblemei terre ; on crut entendre dans les airs des voix la entables et y voir voltiger des canots de feu. Enfin me comète, astre néfaste, dans les idées du temps, int ajouter son mauvais augure à ces sinistres prés es. L'année 1661 (2) fut en effet désastreuse. Un sez grand nombre de Français furent tués ou pris aux 1 )is- Rivières et à Montréal. (3) Tadoussac, l'Ile d'Orl ns, la côte de Beaupré comptèrent aussi des victimes, tre autres le grand sénéchal Jean de Lauson, qui, par en chaloupe avec sept hommes, à la recherche de son atifrère, Couillard de Lespinay, fut surpris et tué tous ses compagnons, le vingt-deux juin, à l'entré de la petite rivière Maheu, entre Saint-Laurent et £ nt- Jean. (4)
Sur ces entrefaites, des Goyogoins ramenant q tre Français vinrent demander la liberté de leurs co patriotes pris l'été précédent. (5) Ces Français dis înt qu'une vingtaine des leurs, prisonniers à Onnont étaient bien traités, que les sauvages paraissaient m ux disposés et demandaient des missionnaires.
1 Rel., 1660, loc, cit., p. 17.
2 Rel., 1661, p. 2, 3.
3 Ibid.
4 Journal, XL/VI, p. 178. Rel. 1661, p. 4, 5. Description i VHist. de la Seig7ieurie de Lauzon, I, 135, ss.
5 Rel. 1660, p. 37. Journal, 4 août, 1660, XLV, p. 160.