CHAPITRE DEUXIEME
rèrent un arpent et demi. Des graines de choux, de laitues et de navets, qu'on y sema, levèrent en huit jours. (!) Un petit fort fut ensuite construit près de la rivière et armé de canons pour protéger les navires. Le deux septembre, ces travaux étant terminés, et les provisions pour l'hivernage débarquées, les deux navires laissés en rade repartirent pour la France sous les ordres de Macé Jalobert, beau-frère de Cartier, et d'Etienne Noël, son neveu, porteurs de lettres qui apprenaient au roi les incidents du voyage et les retards prolongés de Roberval.
Un autre fort fut ensuite bâti sur le promontoire, ' pour la garde du fort qui était au bas ainsi que des 1 navires et de tout ce qui pouvait passer tant par le ' grand fleuve que par cette petite rivière .... Et sur ' cette haute montagne ou promontoire nous trouvâmes ' une belle fontaine très proche du dit fort. " (2)
Ils y trouvèrent aussi des cristaux de quartz qui leur parurent des diamants, comme ils prirent pour de l'or des paillettes de mica mêlées au sable de la grève.
Cartier donna au lieu qu'il avait choisi le nom de Charlesbourg-Royal (3) en l'honneur de Charles d'Orléans, fils de François I.
Après avoir pourvu à la sûreté des navires et de ses gens, Cartier, laissant la garde des forts au vicomte de- Beaupré, partit, le sept septembre, sur deux barques, pour Hochelaga qu'il avait grand désir de revoir. Martin de Paimpont et quelques autres gentilshommes l'accompa-
1 Relation . p . 74 ; M . Pope, Jacques Cartier ; M . N . -E . Dionne Nouvelle- France, p. 123-124.
2 Relation, loc. cit.
3 Nous suivons l'orthographe la plus commune. j
gnaient. 0) Le chef d'Hochelay, qu'ils visitèrent en
passant, reçut les voyageurs avec de grandes démonstrations de joie et parut au comble du bonheur lorsque Cartier lui fit cadeau "d'un manteau de drap écarlate " de Paris, tout garni de boutons jaunes et blancs d'étain " et de petites clochettes ; et outre lui donna deux bassins " de cuivre ou laiton avec certains bachots et couteaux. u De quoi le dit Seigneur parut fort joyeux. " Deux jeunes Français lui furent confiés pour apprendre la langue du pays. (2)
Poussées par un vent favorable, les barques arrivèrent le onze septembre au pied du premier saut (3) vk qui est à la distance de deux lieues de la ville de Tutcnaguy " (4), la même sans doute que Hochelaga, dont le nom ne paraît pas dans la relation du troisième voyage. Incapable de le franchir à la rame, Cartier, conduit par les sauvages, remonta sur la rive jusqu'à un deuxième saut
1 Parmi les compagnons de Cartier au troisième voyage, — au nombre de cent-dix, — on ne connaît que les noms du vicomte de Beaupré, de Macé Jalobert, Etienne Noël, Martin de Paimpont, Thon Fourmont dit la Bouille, Louis Douayren, Michel Hervé, le jeune, et Colas Barbé. Mais, comme la plupart de ceux-ci se retrouvent dans le rôle d'équipage du second voyage, il est probable qu'un assez grand nombre des marins du deuxième voyage étaient aussi du troisième. Voir cette liste dans le /acçues\Cartierds M. N.-E. Dionne, p.
2 V. Pope, 124-125, ss; — Ed. can. des voyages de Cartier et Roi erval ( 1S.J5). p. 76-
3 Quel est ce saut? D'après lerland, I. 29, ce serait le sault Sainte-Marie M. Paillon, /fis/, de la colonie Française^ etc. I p.
. notes, dit que ce ne peut être que les rapides de Lacbine. M N- Dionne, ./</< . Car, (05, nomme le sault Saint-Louis.
4 D'après M. Paillon, op. cil . Il t6. le nom iroquois de Montréal serait Tioti aki , dont la consonance rappelle Tutonaguy. M. l'ope. /d< . ( \u p 1 25, non -