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CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

Gilles Pinel (0 et par celui-ci à Guillaume Routier, (2) le vingt-huit juillet 1657. Peut-être même l'avait-il depuis l'enlèvement de ce dernier par les Iroquois en 1659. Elle lui appartenait assurément en 1674, comme le démontre un arpentage de Jean Guyon (3) qui alla tirer un ligne de vingt arpents entre les terres de Jean Routier et de Jean Noël, voisin de Patenotre, à l'est. Il n'acquit la terre de Jean Le Mire, contigùe, du côté de l'ouest, à celle de Patenotre, (4) que le dix-sept juillet 1667, (5) après le recensement.

Si les vieux Canadiens, qui élevèrent dans des temps difficiles ces nombreuses familles, source de l'expansion si rapide de leur race, voyaient de leurs descendants s'éteindre dans la douceur égoïste d'une vie solitaire, exempte il est vrai de soucis mais sans lendemain, ils feraient sans doute une belle colère.

Etre fils de ces courageux colons qui ont ouvert le pays au prix de leurs sueurs et souvent de leur sang, c'est un grand honneur, une sorte de noblesse.

1 Audouart, 29 nov. 1656.

2 Audouart, date citée.

3 9 mars, 1674. Notes de cet arpenteur aux arch. de la rue S.- Anne à Québec " Aussi entre Jean Noël et Jean Routier, une ligne

" de vingt arpents et fait séparation de la dite concession d'avec Bar- " thélemi Gaudin . " On voit par là où se trouvait la terre de Gaudin à la côte S. -Ignace, au bout de la terre de Jean Routier.

4 Greffe de Godet, 23 janvier 1652.

5 Rageot, date citée. Voir supra, p. 348, note 8. Cette terre passa aux mains de Julien Quantin, d'Etienne de Nevers, puis de Jean Routier. Jean Routier l'ancien avait épousé Catherine, fille de François Méliot et de Marie Chanson, de l'île de Ré. Dans l'acte de baptême de J.-Bapt. Routier, 24 janv. 1670, elle est appelée Catherine Chanson, du nom de sa mère. J. -Baptiste épousa d'abord Madeleine Trut, puis en 1709 Louise Moisan. Il eut dix-neuf enfants, et mourut â S.-Foy en 1747.

Les familles françaises dont les pères étaient aux croisades en ont conservé un légitime orgueil. Il en devrait être ainsi de ceux qui descendent de ces hommes hardis qui, pour assurer un héritage à leurs enfants, devaient savoir manier aussi bien le mousquet et l'épée que la cognée ou la charrue.

Transmettre à sa famille la maison paternelle, la terre reçue des ancêtres, devrait être un sentiment aussi fort, aussi étroitement attaché au cœur, aussi sacré que les liens du sang.

Si quelqu'un pouvait l'allumer dans l'âme de Canadiens-français, il rendrait à la patrie un inappréciable service. On ne verrait plus tant de nos compatriotes quitter sans regret le clocher natal, le toit qui a abrité leur enfance, pour aller se faire mercenaires dans les villes ou à l'étranger. Si ce sentiment avait été plus vivace à Sainte-Foy, un plus grand nombre des anciennes familles seraient encore sur les terres défrichées par leurs pères.

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