CHAPITRE TRENTIEME
Les premiers seigneurs de Gaudarville.— Louis de Lauson épouse Marie-Catherine Nau de Fossembault.— Il se noie en 1659. — Sa veuve épouse, deux mois après, J.-B. Peuvret du Mesnu, futur greffier du Conseil Souverain. — Charles de Lauson cède à la dame Peuvret, en 3662, le fief de Gaudarville . — J.-B. Peuvret épouse en secondes noces Rogère Lepage, veuve du sieur Thoéry de l'Ormeau.— Biens que possédait Rogère Lepage en France. — Ses testaments en 1684 et en 1702. — Sa fille, religieuse bénédictine de Montargis. — Alexandre du Mesnu hérite des seigneuries de son père. — Son fils Alexandre-Joseph disparaît de bonne heure. — Marie-Anne Peuvret, longtemps seule propriétaire de Gaudarville. La seigneurie passe ensuite aux Duchesnay — Histoire des censitaires. — Deux rangs dans Gaudarville, en janvier 1668.— Marin Pin.— Etienne Le Tellier.— René Mezeré.— Charles Gautier.— Mathieu Damours. — Pierre Martin. — Pierre Pinel. — Etienne Dumetz. — Au second rang, Michel Bisson. — Jacques Habert. — Jean Bouchard. — Mathurin Moreau. — André Pinel.— Simon Allain. — Jacques, Henry et Jean Larchevêque. — Le domaine de Gaudarville.-— Le moulin banal.
Louis de Lauson, premier seigneur de Gaudarville, C1) épousa, le cinq octobre 1655, Marie-Catherine Nau, (2) fille de feu Jacques Nau de Fossembault, (3) et de Catherine Granger.
Jacques Nau avait été conseiller du roi et receveur des finances
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1 Suprà, p. 307, ss.
2 Nous empruntons ces détails à YJHist. de la Seigneurie de Lauzon, I, 85, s.
3 Le nom de Fossembault a été donné à un fief en arrière de Gtu» darville, Maure et Bonhomme (Saint- Augustin) .
en Berry. (*) Les annales de l'Hôtel-Dieu disent que sa fille " était une demoiselle de Pau que la duchesse d'Ai- " guillon avait envoyée en 1655 aux religieuses de l'Hô- " tel-Dieu pour être religieuse chez elles. Elle avait " beaucoup d'esprit et de piété mais point de vocation. ': Elle apporta trois mille livres de dot à son mari.
Le seigneur de Gaudarville périt malheureusement en 1659, en revenant en canot de l'Ile d'Orléans, et son corps ne fut pas retrouvé. (2) Il ne laissait pas d'enfants, deux qu'il avait eus étant morts au berceau. (3) Sa veuve, deux mois et demi après, épousa Jean-Baptiste Peuvret du Mesnu, (4) qui devint plus tard greffier en chef du Conseil Souverain. Peuvret n'avait que vingt-huit ans (5) et était fils de Jacques Peuvret, sieur de Margontier, conseiller du roi et lieutenant criminel en l'élection du Perche, qui se noya en se baignant au Cap à l'Ange et fut inhumé à Québec en 1657. Sa mère s'appelait Marie de la Garenne. (6)
La succession de Louis de Lauson était restée grevée d'une rente de quatre cents livres en faveur de Catherine Nan. Pour s'en libérer, Charles de Lauson- Charny céda à celle-ci, " le six février 1662, le fief de " Champigny dans l'Ile d'Orléans, dix arpents de terre " sur le Cap aux Diamants, le bétail, les meubles, tout
1 Greffe d'Audouart, cité ibid.
2 Journal des Jésuitez, 257, XLX, 94. Hist. de Lauzonx I, 133, s
3 Voir Tanguay, I, 172.
4 Contrat de mariage, greffe d'Audouart, 5 juillet 1659 — M. J.-K. Roy, op. eit. 133.
5 Né en 1632.
6 Tanguay, I, 480, — et M. Roy, /oc. cit.