CHAPITRE TRENTIÈME
La part d'héritage de sa défunte mère Catherine Millelot montait à mille livres, que devait lui payer son frère, Edme Lepage, demeurant à Clamecy, et qui étaient garanties par une rente de cinquante livres attachée à la maison du Lion d'Or située dans cette ville et vendue par ses défunts parents au sieur Courdavault, et aussi par " la vigne De la plante sise à un quart de lieue ou environ de la ditte ville et proche de la croix Sainte- Anne, " avec " ses vergers, circonstances et dépendances. " C1)
Cet héritage était en litige, et, le vingt-sept juillet 1677, avant de quitter la France où ils étaient retournés le sieur de l'Ormeau et sa femme avaient, par-devant Drouyneau, notaire royal à la Rochelle, donné une procuration au sieur Petit, négociant en cette ville, pour l'autoriser à régler cette affaire et à toucher deux cents livres dues par Jean Lombard. (2)
•' de l'Ormeau) suivant l'escrit faict entre eux sous leurs seings le " cinquiesme mars, mil six cent soixante quatorze." Le nom du "procureur a été laissé en blanc. Signé, Peuvret, Rogère-Marie Lepage, Rageot, avec paraphe. On voit par ce qui suit que Jean Lombard avait jouissance de cette vigne dès avant 1674.
1 Tirée d'une autre procuration, faite par le mime notaire à la même date donnant pouvoir de régler cette affaire. Le nom du procureur est encore en blanc. Arch. de l'Hôtel-Dieu.
2 Cette procuration est signée parThoéry Delormeau, M.-Rogère Lepage, Jean Berthelot, procureur, Jean Micheau, clerc, Drouyneau, notaire, avec paraphes. Une autre procuration avait été donnée auparavant à Louys Millelot, cousin de Rogère Lepage, procureur au siège de Clamecy. Mais cette dame avait été mise en garde contre lui par un autre cousin, C. de Lynon, qui lui avait dit que Louys Millelot donnait " cent parolles et n'en tenait pas une." Cette lettre fort intéressante et bien faite montre que son auteur était prêtre. Il aurait désiré aller dans les missions sauvages et demandait à sa cousine d'obtenir, par elle-même ou ses amis, de M. de Pétrée une cur
464 PREMIÈRE PARTIE, l^\l-lSjl
Peuvret du Mesnu avait préludé, par des relations d'affaires, à des relations plus tendres, avec la damoiselle de l'Ormeau.
Le dix-huit octobre 1680, (r) il lui avait passé une obligation de cinq cent cinquante-six livres, à prendre sur Jacques Larchevêque, auquel il avait vendu, pour six cents livres, l'année précédente, 1679, une terre située â la côte du Cap-Rouge, et tombée en déshérence par le décès d'André Renault. (2) En attendant qu'il payât le capital, Larchevêque versait une rente de vingt-sept livres seize sols, que la damoiselle de l'Ormeau devait commencer à toucher le dix-neuf mars 1682.
Les cinq cent cinquante-six livres, argent du pays, acquittaient une dette de quatre cent dix-sept livres, argent de France, (3) que le sieur du Mesnu avait contractée envers la dite damoiselle par cédule faite à Paris, le premier mai 1677, et qui lui fut alors rendue.
Dans son testament fait à Québec par-devant Gilles Rageot, le douze juillet mil six cent quatre vingt-qua tre, (4) la dame du Mesnu donna à Alexandre Peuvret,
ou quelque autre bénéfice dont il tâcherait de se rendre capable. On ne voit pas qu'il soit venu au Canada. Par contre, dans un mémoire explicatif attaché au testament de la dame du Mesnu en 16S4 et écrit de sa main, on voit qu'elle considérait encore Louys Millelot comme son procureur. Archives de l' Hôtel-Dieu.
1 Arch. de l' Hôtel-Dieu. Copie collationnée le 22 mars 1696 par Chambolon (avec paraphe) sur l'original fait par Pierre Duquet et Gilles Rageot, le 18 octobre, 1680.
2 Suprà, p. 319. Larchevêque l'acheta par contrat devant Mtre Gilles Regeot, le 19 mars 1679, cité dans l'obligation du 18 octobre 1680. Arch de l'Hôtel-Dieu.
3 " Montant la dite somme de quatre cent dix-sept livres, argent de France, à la ditte somme de cinq cent cinquante-six li\ gent de ce pays."
4 Belle copie signée Rageotavec paraphe. Arch. de l'Hôtel-Dieu.