CHAPITRE TRENTIÈME, l66l-l
Un acte de foi et hommage de 1725, prêté par Marie- Anne Peuvret, en son nom et an nom de son frère, alors à Saint-Domingue, fait voir qu'elle n'en possédait que le tiers et que les deux autres tiers appartenaient à Alexandre-Joseph. Celui-ci était mort avant 1757 comme ledit expressément l'acte de donation, par Marie-Anne Peuvret, d'une terre sur le domaine de Gaudarville à la fabrique de Sainte- Foy, le vingt janvier de cette année. (0
La donatrice y est qualifiée : " Demoiselle Marie- Anne Peuvret, dame de Gaudarville et de Fausembau. " Il en est de même dans un procès-verbal d'arpentage de Plamondon, le vingt et un septembre 1754. (2) Mais il y a mieux. Un procès- verbal du grand voyer, Je^n-Eustache L,anouiller de Boisclerc, en date du quatre juillet 1731, ordonne un chemin, " pour aller à l'église et à la " ville, dans la seigneurie de Gaudarville appartenant à " la demoiselle Peuvret." De ces expressions, nous inférons que Marie-Anne Peuvret était alors seule propriétaire de la seigneurie, et que son frère, Joseph- Alexandre, dont on ne trouve aucune trace après 1725, (3) était déjà mort en 1731 et n'avait pas laissé de postérité.
Quant à la demoiselle Peuvret, on ignore la date de
1 Terre de 36 arpents sur le domaine de Gaudarville, — par-devant Mtre Parant, le 20 janvier 1757 "à charge pour les curés "de dire " une messe basse chacun seulement, pour le repos de l'âme de feu " monsieur Joseph-Alexandre Peuvret, écuyer, seigneur en son vivant ' ' de Gaudarville et de Fossembault et ce à perpétuité . ' '
Ce titre devenu caduc a été renouvelé en l'étude du notaire Edr. Tessier, le 24 septembre 1863, par l'honorable Antoine Juchereau Duchesnay, conseiller législatif pour la division de La Salle.
2 Pièce curieuse dans nos archives. Copie faite par maître Parant, notaire des seigneurs de Beauport, le 20 janvier 1757.
3 II était à Saint-Domingue lors de l'acte de foi et hommage de 1725. M. Brymner, Rapport de 1884, p. 8, éd. angl.
sa mort. Les archives de Beauport où elle demeurait chez son oncle, le seigneur Ignace Juchereau, n'en parlent pas. Elle était certainement morte en 1787, puisque, à cette date, Antoine Juchereau du Chesnay, fils d'Ignace, était seigneur de Gaudarville. (0
Le fief s'est conservé dans sa famille jusqu'à nos jours.
Ces notes sur nos anciens seigneurs nous ont entraîné un peu loin de l'année 1667. Rien de plus facile que d'y revenir. Il n'y a qu'à dire, et c'est fait, comme par baguette de fée.
Les documents nous ont fait connaître ce qu'était en 1664 la partie de Gaudarville occupée par Sainte-Foy. D'autres pièces, d'intérêt capital, nous renseigneront amplement sur les progrès réalisés de ce côté jusqu'en 1668.
Outre les recensements de 1666 et 1667 qui énumèrent toutes les familles, avec leurs différents membres, les serviteurs, l'étendue des défrichements, le nombre des bestiaux, on a l'aveu et dénombrement fait par le seigneur, alors J.-B. Peuvret du Mesnu, par devant maître Rageot, le deux janvier 1668, et où tous les censitaires sont nommés à leur rang, avec l'étendue et les bornes de leurs concessions. (2)
Dans le préambule, Jean-Baptiste Peuvret est qualifié de " Seigneur du Mesnu, procureur fiscal de la com- " pagnie des Indes Occidentales, seigneur dominantùsi- " me de ce pays. " Il se confesse tenu envers la Compagnie des Indes " à la foy et hommage lige à chaque mu- " tation de possession, avec la réserve d'une année et
1 Voir plus haut, note 4, pp. 320, 321.
2 Greffe de Rageot. — Arch., de La rue Ste-Anne, Québec,