CHAPITRE TRENTIÈME
" d'une maille (0 d'or du poids d'une once à chaque mu- " tation de roys. "
On voit par ce document de si grande importance, qu'alors comme aujourd'hui, il y avait, dans cette partie de la paroisse, deux rangs, l'un sur le bord du fleuve et l'autre au nord du premier.
Nous allons retrouver ici plusieurs de nos anciennes connaissances (2) et parfois il y aura peu de chose à ajouter.
En suivant le même ordre que l'aveu et dénombrement de 1668, depuis " la borne qui faict la séparation " du dict fief' de Godarville d'avec les terres de la con- "' cession des sauvages," le premier habitant était Marin Pin. Nous l'avons déjà vu, le deux juillet 1656, conjointement avec Simon Le Gendre et Jean-Baptiste de la Rue qui épousa en 1663 sa fille Jacqueline, âgée de douze ans, (3) prendre à ferme une terre de Charles Le Gardeur au fief Saint-Michel. (4) Il était originaire de Thury, evêché de Bayeux en Normandie, et avait épousé Olive Morin. Sa terre large de quatre arpents avait une profondeur de cinquante, et, en 1667, dix-huit arpents étaient en valeur. Sauf que la profondeur était bien plus considérable, c'était la même terre où était Nicolas Chaigneau en 1651. (5) Quand Pin en avait-il fait l'ac-
1 Ancienne monnaie d'or, d'argent ou de cuivre.
2 Suprà, pp. 307 et ss.
3 Baptisé en 1651 .
4 Snfirà, p. 245.
5 Dans des pièces du 29 mai 1734 et du 15 mars 1735, relatives à une difficulté entre Angélique Pin et les seigneurs de Sillery et de Gaudarville, il est dit expressément que Marin Pin avait acquis la terre de Nicolas Chaigneau. La difficulté venait de ce que par un
quisition ? Il y était en 1666. (0 En 1681, c'est son fils Jean, époux d'Anne Masse, qu'on trouve à sa place et qui avait alors quarante arpents de culture. C'est Jean- Baptiste, frère de Jean et époux de Marie-Geneviève Trut, (2) qui a été la souche des Pin de Sainte-Foy.
Cette famille finit par posséder de vastes propriétés dans Gaudarville. Encore ici au milieu du XVIII siècle, elle n'y compte plus aujourd'hui de représentants.
Etienne Le Tellier, gendre de René Mezeray, dont il avait épousé la fille Geneviève, avait depuis 1656 l'ancienne concession de Pierre Gareman, (3) portée comme la précédente à cinquante arpents de profondeur. Il avait en 1666 deux engagés domestiques, et un seul, Jean Pinaud, en 1667, et cinquante arpents de terre en valeur avec une tête de bétail. Le Tellier mourut en 1674 encore jeune, à peine âgé de trente-sept ans, et sa veine épousa, l'année suivante, François Dusseau qu'on trou\c en 1Ô81 sur cette terre. Il n'y avait alors que dix-sept arpents en valeur. Cette famille n'était plus ici en 16S5
changement de rhumb de vent, demandé par les habitants, la terre de Marin Pin, sur la limite de deux seigneuries, avait été un peu diminuée.
On a vu plus haut qu'Antoine Martin dit Montpellier était en réalité dans la seigneurie de Sillery. Su/>rà, pp. 296, 29S, no: Acte de Rageot, 8 avril 1667. Arch. de la rue Sainte-Anne, avec le plaidoyer de Dupuis contre le procureur de la Délie Peuvret en 1734.
1 François, que Tanguay donne comme fils de Marin Pin, baptisé à Sillery le 1 septembre, 1663, était fils de Marin Pinel et d'Olive Duperon. Lib. baptis.
2 Elle épousa Guillaume Boy vin à Sainte-Foy en [708 R de S. Foy. Son mari n'a pu mourir en 1703, puisque, en 1707, le ^ avril, un de ses enfants fut baptisé à Ste-Fov.
3 Audouart, 26 mars 1656. Voir sup>\), p. 296.