CHAPITRE TRENTIÈME
et paraît s'être établie à la Pointe-aux-Trembles. La terre de Le Tellier devint la propriété de Jean-Baptiste Pin.
René Mezeray, époux de Nicole Gareman dont on a souvent parlé (0 était un des plus anciens habitants de Sainte-Foy et possédait, outre sa concession, celle de feu François Boulé, (2) par conséquent huit arpents de front sur une profondeur qui fut aussi portée à cinquante arpents. Cent arpents étaient en valeur. Il y avait quatre têtes de bétail. Mezeré avait deux domestiques, François Avril et Aubin Mondoux. Encore ici en 1681, il alla ensuite s'établir à la Pointe-aux-Trembles, (3) où il mourut en 1695. Une partie de sa terre fut acquise par les Pin, l'autre partie resta à son plus jeune fils Charles. Du moins on la voit sous son nom dans le cadastre de 1709. (4) On ne lui connaît pas de postérité.
François Boucher, époux de Florence Gareman, à Sainte-Foy depuis 165 1 au moins, avait sept têtes de
1 Suprà, pp. 31 1, etpassim.
2 Surnommé le Petit homme. Acte deRageot, 13 octobre, 1667, à l'occasion d'un arpentage de Jean Guyon à Gaudarville.
3 II avait une grande terre et en détachait aisément tantôt une pièce, tantôt une autre. Ainsi, le 10 nov. 1656, il céda à Chs Gautier cent pieds de profondeur près de sa maison, sur soixante et six de largeur à un bout et trente-six, de l'autre, près du fleuve. (Audouart.) Le 8 fév. 1657, il vend au même une maison "sise sur sa terre, an bas du costeau, au bord du grand fleuve, joignant d'un côté, la maison de François Boucher et de l'autre le chemin qui monte au fort du dit lieu de Gaudarville. Aud. Le 5 janv. 1663, il cède à Marin Pin un demi-arpent de terre entre sa terre et celle d'Etienne Le Tellier, outre vingt pieds où. Pin avait bâti une grange. Audouart. Le 12 juillet 167 1, il vend à Gautier par contrat une maison vendue verbalement depuis quatre ans. Rageot.
4 Chs Nos. Mezeray était surnommé Nopce ou Nosse. Sur le cadastre de 1685, on écrit Chs Nault, par erreur de copiste.
bétail et vingt-cinq arpents en valeur. Cette concession avait conservé sa profondeur primitive de douze arpents et demi et resta sous le nom de sa famille jusqu'au commencement du XVIII siècle. François Boucher était mort lors du recensement de 1681 et sa veuve est mentionnée parmi les habitants de Maure.
Charles Gautier dit Boisverdun, autre ancien habitant de Gaudarville, était fils de Philippe, sieur de Comporté, et originaire de Saint-Etienne-du-Mont à Paris. On a dit qu'il avait la terre jadis concédée à Jean Dumetz. (J) Il n'y a rien à ajouter ici, sauf à corriger une erreur commise plus haut, sur l'autorité de Tanguay. D'après cet auteur, Gautier n'aurait eu que des filles dont une, baptisée à Sillery, le vingt août 1 671, se serait appelée Louise-Bernardine. Or nos notes sur le registre de Sillery portaient Louis-Bernard. Vérification faite , c'est bien Liidovicû Bernardû — Louis-Bernard — qu'on lit au liber baptisatoriim. C'est le Bernard âgé de onze ans dont parle le recensement de 1681. Ainsi, Louis Gautier de la Pigeonnière, qui hérita de la terre de Boisverdun, n'était pas seulement " son parent sans " doute " comme on a écrit plus haut, (2) mais son fils.
Boisverdun (3) fut inhumé ici, le neuf février 1 703, à l'âge d'environ soixante quinze ans. Pour Louis Gautier dit Lapigeonnière, présent le 4 juillet 1731 à l'assemblée faite par le grand-voyer pour le chemin de la seigneurie Gaudarville, il ne paraît pas, le dix juillet
1 Suprà, 314, ss.
3 Charles Gautier de Boisverdun, dit l'acte de sépulture. Il v eut treize sépultures dans ce mois-là, deux et parfois trois le même jour, comme le 9 février. On était peut-être eu temps d'épidémie.