CHAPITRE TRENTIÈME, l66l-l
Jean Larchevêque époux de Marie-Anne Poussin, que le recensement de 1667 nous présente avec quarante arpents de terre en valeur et cinq bestiaux, était l'aîné de la famille et devait être sur la concessiou de son père près de Québec. Son plus jeune frère s'appelait aussi Jean, et c'est de lui sans doute qu'il est ici question. Il n'avait encore que neuf ans et on lui faisait concéder une terre en attendant qu'il pût la mettre en valeur,
Jean Larchevêque l'aîné était à Sainte-Foy en 1681. Jacques, époux de Madeleine Le Guay,(i) acquit en 1679 la terre d'André Renault, qui était au bout de la sienne. Kncore ici au commencement du siècle suivant, plusieurs de ses enfants y ont été baptisés, La famille est aujourd'hui disparue.
Il restait entre Jean Larchevêque et la rivière du Cap-Rouge environ quinze arpents, dont six, sur toute la profondeur du fief, étaient réservés pour le domaine seigneurial. Sur ce domaine six ou sept arpents étaient prêts à être ensemencés.
Le dix mars 1669, le seigneur y concéda, à côté de Larchevêque, à Mathieu Damours, en partie vis-à-vis de sa première concession, quatre arpents de front sur dixsept et demi de profondeur, à charge, outre les redevances ordinaires, " d'y tenir feu et lieu ou aultre personne
1 Madeleine Le Guay, épouse de Jacques Larchevêque dit Lapro menade, étant malade à l'Hôtel-Dieu, fit son testament par-devant Frs. Genaple, le 4 fev. 1688. Elle léguait à la mère Saint- Ignace " une " escuelle d'argent, .trois crucifix et un chapelet de guy de chêne " avec deux médailles d'argent, une figure de tête de mort" et un assez grand nombre de volumes, " attendu que les enfants ne savent ' ' pas lire ' ' ; toutes choses entre les mains de son mari en leur maison " de Godarville. " Témoins, Frs. David, compagnon chirurgien et Frs. Boisset. Arch. de l'Hôtel-Dieu.
u pour luy dans deux ans de ce jour, de faire travailler " incessamment au défrichement des dittes terres. " (*)
Une autre concession avait dû être faite sur le même domaine quelque temps auparavant, parce que la nouvelle terre de Mathieu Damours était bornée au soroit. à Pierre Louyneau. (2)
Ce domaine est marqué sur les cartes de 1685 et de 1709, " Les sieurs." Les terres qui portent le nom propre de a Domaine de Gaudar ville " sont près de la rivière du Cap-Rouge.
Le seigneur s'était aussi réservé une pêche d'anguil le vis-à-vis ce qui restait de terre entre Etienne Dumetz et la rivière du Cap-Rouge. Tous les censitaires étaient tenus à payer cens, chappons et anguilles, ce qui montait ensemble à cinquante-six livres, quatre sols, deux deniers et vingt-quatre chappons. Ceux du deuxième rang étaient en outre " — obligés d'envoyer mouldre leurs grains au " moulin banal quand il y en aurait un. " (3)
On ne voit pas explicitement qu'il y ait eu à Gaudarville de moulin à moudre le grain, mais un acte pas-
i Greffe de Gilles Rageot. Copie [paraphée aux arch. de l 'Hôtel-Dieu. Voir à l'append., XXIII, un de ces curieux titres de concessions.
2 Dans le môme acte. D'autres concessions avaient été faites dans Gaudarville, en dehors de la paroisse. Ainsi, d'après Rageot : à Jean Robitaille, entre le ruisseau S. Michel et la route de Champigny, [8 nov, 1670; à Pierre Robitaille, terre voisine de Jean son frère, et de Jacques Fleuet, de l'autre coté, 24 nov. 1670; à Nicolas Robitaille, entre Jean Robitaille le nommé La verdure, 24 nov. 1670. C'était un troisième rang. Kn 1671, on trouve nombre de concessions dans seigneurie de S. Gabriel, et dans le fief de Maure.
3 L'actâ dit " les susdits tenanciers du dit rang" — le deuxième Il est probable que les autres n'auraient pas été exempta de la même servitude.